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Pognon

Or : l’arme fatale chinoise contre le dollar américain

Suprême ironie. Bon d’accord il faut faire un effort d’imagination. Sean Connery est chinois et la femme tuée par l’or, est l’Amérique. Vous suivez ? C’est Goldfinger ou plutôt Golddimsum !

Je vais vous dévoiler le plan machiavélique et d’une simplicité déconcertante de la Chine pour détruire l’hégémonie des Etats-Unis.

Rien de moins.

D’abord la mise en bouche avec le graphique (prix d’une once d’or en USD).

En 1971, Richard Nixon casse le lien or-dollar (la convertibilité). Forte hausse du prix pendant l’inflation qui suit (fin des années 70)…

Puis l’or disparaît. Pendant 20 ans.

En réalité, on le fait disparaître. L’Occident le matraque (avec de l’or papier, permettant de shorter). L’or n’a jamais cessé de gêner les faux monnayeurs… C’est l’époque de la “relique barbare“. On se moque de ce truc de grand-mère. Le monde occidental se financiarise à grande vitesse. Vous êtes in ou out.

Mais d’autres secousses arrivent. 2008. La crise financière mène à une impression frénétique de pognon (en Europe, crises des dettes et le fameux “whatever it takes” de la BCE). L’or grimpe en mode maillot jaune. Forcément.

Tout s’emballe après le Covid (“quoi qu’il en coûte“), une fois le cap des 2 000 dollars par once franchi. Il s’agit d’une réaction épidermique de l’or face au viol des monnaies.

Aujourd’hui, son cours a explosé la barre des 4 800 , 4 900 dollars (à ce rythme, on sera à 5 000 demain ou lundi).

Avant, j’étais comme vous. Si, si. Un long nez, un cul blanc naïf persuadé d’appartenir au camp du Bien, du Beau et du Bon (pour la Brute, mieux vaut ne pas remuer le couteau dans la plaie…)

Le métal précieux servait pour les alliances et autres parures. On voyait certes une forme de fièvre étonnante pour les lingots d’or dans quelques films de gangsters. Rien de plus.

Ma vie en Asie a changé ma perspective. J’ai enfin compris que l’or était l’argent, si vous me pardonnez ce raccourci.

En Thaïlande, il existe des milliers de magasins spécialisés. Et ça achète, ça vend, en permanence. Une frénésie. Aucune taxe (le gouvernement n’oserait pas !) L’or métal fait office de “compte en banque”. La mystique est bien réelle, vivace, éternelle.

Zoom arrière : l’écrasante majorité de l’humanité SAIT que l’or est spécial (depuis des millénaires).

Faites l’addition ! Chine, Inde, Asie du Sud-Est, Moyen-Orient, Afrique, Amérique du sud…

Zoom avant : seuls quelques centaines de millions d’Occidentaux -vous- ont été décervelés et intoxiqués (en quelques décennies).

Ces milliards d’individus n’ont pas fait d’études, n’ont pas lu Ludwig von Mises et pourtant ils SAVENT dans leur chair.

“Il n’y a aucun moyen d’éviter l’effondrement final d’un boom provoqué par une expansion du crédit. L’alternative est de savoir si la crise doit arriver plus tôt, par l’abandon volontaire d’une expansion supplémentaire du crédit, ou plus tardivement, comme une catastrophe finale et totale du système monétaire affecté”. (L’action humaine, 1940)

Qui va gagner d’après vous ? Qui ? Poursuivez votre lecture… 😉

J’ai complété mon expérience de vie par l’étude de l’histoire récente de la région indochinoise. Après la chute de Saïgon en 1975, seul l’or pouvait acheter un passage  maritime (dangereux) pour fuir le régime communiste (les boat people). Toujours au Vietnam, la monnaie locale (le Dong) fut plusieurs fois violée par le gouvernement (dévaluation/spoliation)… Seul l’or demeure. Imperturbable. Immuable. La banque centrale a longtemps monopolisé le marché du métal puis a institué des quotas d’importation (la demande étant trop forte, le prix de l’or est ainsi toujours un peu plus élevé au Vietnam).

Mais alors quel est le rapport avec la choucroute chinoise ?

Mettez-vous dans la tête des dirigeants de l’empire du Milieu, de Deng Xiaoping jusqu’à Xi Jinping.

Un continuum. Une pensée longue qui s’appuie sur une longue tradition.

Dès 1989 (chute du mur de Berlin et les incidents de Tiananmen) le PCC comprend que les Etats-Unis sont l’ennemi et que le conflit est inévitable.

Mais la Chine sait qu’elle n’est pas encore prête. On ne peut pas battre l’Oncle Sam quand on bouffe du riz et qu’on se déplace en bicyclette. Il faut d’abord se développer.

C’est la phase 1 : “enrichissez-vous” (le slogan lancé par Deng Xiaoping, mettant fin aux délires autodestructeurs de la période maoïste).

Phase 2 : se développer tout en commençant à affaiblir l’ennemi. L’industrie occidentale est ainsi ravagée, consciencieusement, scientifiquement, à partir des années 2000 (entrée de la Chine dans l’OMC, ultime traîtrise de Bill Clinton et de ses amis affairistes de Wall Street).

A l’intérieur, et grâce au pognon des exportations, la Chine se couvre d’infrastructures (routes, lignes de TGV, aéroports, ponts, centrales thermiques, centrales nucléaires, etc.). Le développement engendre le développement. Osons le dire froidement : le chômeur européen et américain enrichit l’ouvrier chinois. Et l’état chinois.

Cette “pensée double” ou “action double” est toujours au coeur de la psyché chinoise. Traduction évidente de la philosophie du Yin et du Yang.

Phase 3 : en parallèle du développement économique, il faut une armée pour tenir en respect l’ennemi. Là aussi, les progrès sont fulgurants. Les vagues d’assaut viandardes (comme en Corée du Nord fin 1950), c’est fini. Armes nucléaires stratégiques, marine de haute-mer, missiles longue portée, aviation… La PLA se modernise. Le territoire est sanctuarisé. La dissuasion nucléaire solidement affirmée.

Phase 4 : le découplage. Etre trop lié économiquement à son principal ennemi le protège quelque part (si vous lui faites du mal, vous vous en faites aussi)… Cela commence lors du premier terme de Trump. Aujourd’hui , les exportations vers le Nouveau Monde ne pèsent plus que 11 % du total chinois. Trump n’a pas compris que Pékin s’était préparé. Voilà pourquoi son offensive d’avril 2025 avec les taxes douanières a remarquablement foiré.

Phase 5 : la Chine a toujours su qu’il serait aberrant de déclencher une guerre cinétique contre les Etats-Unis, entraînant un massacre généralisé. Aucun intérêt. Imbécile. Il est préférable d’affaiblir les Etats-Unis. Dans tous les sens, y compris en interne. Cela permet de neutraliser la menace américaine, d’atténuer son pouvoir de nuisance.

On trouve ici la litanie des manipulations et autres actions de déstabilisation : liens avec le parti Démocrate, les organisations d’extrême-gauche, le “racisme”, le délire du CO2, les voitures électriques, le LGBTisme, l’invasion migratoire, les drogues dures, la corruption, etc.

Tout ce qui divise et affaiblit l’Oncle Sam est actionné, mis en oeuvre, poussé, appuyé, factorisé.

Nous arrivons enfin à la dernière phase : la bataille monétaire. Celle qui clôturera la guerre et consacrera la victoire chinoise totale.

Les Etats-Unis jouissent du privilège impérial. Son véhicule ? Son bâton de maréchal ? Le dollar américain, leur monnaie. Une arme également, très puissante.

En gros : les esclaves du monde entier fabriquent et fournissent des produits, les Américains les “payent” avec des bouts de papier imprimés. Le confort. La facilité. Et au final, la démesure.

Inévitablement, les dettes, démentielles, s’accumulent. Ecce homo.

C’est d’une banalité affligeante quasi biologique, ancrée dans ce que nous sommes (les empereurs romains il y a 2 000 ans violaient -déjà- leur monnaie, en réduisant la quantité de métal dans les pièces).

Les Américains ont donc abusé de cette arme au fil des décennies… L’arme s’est ainsi muée en boulet, en point extrêmement faible.

La clé de voûte qui menace de lâcher, entraînant la destruction de tout l’édifice.

L’or a la particularité de dévoiler le viol des monnaies fiat.

Le prix de l’or ne monte pas, intrinsèquement. Ce sont les prix de l’or exprimés en monnaies violées qui montent.

En introduction, je parlais de l’or papier (utilisé pour faire baisser artificiellement le prix de l’or, pour atténuer son rôle de révélateur).

On estime le ratio (once papier/once de métal) à 100, 250, voire même 500. Grosse erreur de l’Occident. Si les acteurs réclament de plus en plus la livraison physique, le système sautera. Augmentant encore les prix.

Après le Covid, des banques centrales ont acheté du métal (Turquie, etc.). Certaines continuent à ce jour (Pologne par exemple). Cet or n’est pas spéculatif. Il est retiré de la circulation, placé dans des coffres.

Côté offre ? Comme par hasard, la Chine est le premier producteur mondial (avec la Russie). Plus de 600 tonnes par an… Cet or ne sort pas. Il est thésaurisé.

Il faut noter que le PCC a encouragé ses citoyens à acheter le métal précieux (facilités, campagnes de publicité, messages institutionnels, à partir de 2008). A ma connaissance, c’est le seul pays au monde à faire cela.

Le plan est donc aussi simple que machiavélique. Et son succès est GARANTI. Il s’inscrit dans une inéluctabilité historique.

-achat massif or métal, officiellement et officieusement (la Chine amasse aussi clandestinement de l’or, via ses mafias à l’étranger, c’est une certitude. Ses réserves officielles sont systématiquement sous-estimées)

-le cours en dollars américains (la monnaie de référence) monte

-d’autres acteurs comprennent le schéma (des banques centrales entre autres). Et achètent à leur tour. Le prix continue de monter.

-à un moment, le prix est tellement élevé que la réalité apparaît, ignoble et solaire à la fois : le dollar c’est du papier-toilette et les Etats-Unis sont des WC.

Liquidation des dettes existantes (les bons de du Trésor US). On dit : la Chine en possède encore 700 milliards donc elle perdrait tout, donc elle ne le fera pas. Raisonnement idiot. Car de telles pertes sont largement couvertes/compensées par ses réserves d’or ! Dans le même temps, chaque année, Washington émet des centaines de milliards de dettes supplémentaires pour couvrir son déficit budgétaire (la France fait la même chose depuis un demi siècle).

Il devient de de plus en plus difficile de placer ces nouvelles émissions (qui serait assez fou pour acheter du papier toilette ?) En réalité, là encore, cela pousse les Etats-Unis à la faute : ils vont inévitablement acheter eux-mêmes leurs nouvelles dettes (programmes du type QE, etc.) La machine à imprimer s’emballe, renforçant la hausse, renforçant le cycle infernal.

-passé ce stade, c’est le décrochage. Plus personne n’accepte des dollars pour le commerce international. La puissance impériale s’effondre. Des troubles éclatent (guerre civile). L’Amérique s’appauvrit brutalement. Renforçant le côté papier-toilette du dollar. On entend le bruit du siphon. On tire la chasse. L’Histoire referme le chapitre de la domination étatsunienne.

-la Chine reprend alors le flambeau. Par comparaison, c’est un havre de paix, de stabilité et de prosperité. Et elle est assise (avec ses partenaires des Brics comme la Russie) sur des MONTAGNES d’or. La monnaie chinoise s’adosse sur ces réserves de métal précieux. Elle devient convertible ET désirable.

-Game over : victoire de la Chine par K-O monétaire. Sans jamais avoir tiré un seul coup de feu (directement du moins).

“A votre santé les gars. Non inutile de me féliciter… c’était VRAIMENT trop facile”
POST-SCRIPTUM

Je ne suis pas dans le cerveau des dirigeants du PCC (même si je suis un de leurs agents, bien sûr). 😉

Pourquoi ce plan est une certitude ? Parce qu’il est… certain et simple.

Désolé pour la tautologie, mais elle est nécessaire.

Voici quelques axiomes qui encadrent et complètent ma démonstration :

-la Chine veut reprendre SA PLACE dans le monde : celle du centre. Elle ne renoncera jamais.

-les Etats-Unis sont extrêmement agressifs. Jamais ils n’accepteront de partager la puissance ou de laisser la Chine devenir numéro 1

-la guerre sino-américain est donc inévitable (on l’exprime aussi via le Piège de Thucydide)

-dès la fin des années 90, contre les Etats-Unis, la Chine théorise la guerre hors limite (je préfère ” 360 ° “)

-briser le dollar est le moyen le plus rapide, le moins coûteux, le plus facile d’affaiblir suffisamment les Etats-Unis (pas de les détruire, mais de les mettre hors jeu)

-les dirigeants chinois sont supérieurement intelligents, pragmatiques absolument pas “idéologiques”, contresens que l’on commet toujours à cause de Mao et de l’étiquette du PCC. De plus ils savent travailler sur le temps long (des décennies)

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Vrac

L’Iran a-t-il atteint la dissuasion du faible au fort sans l’arme nucléaire ?

 

Mieux que la bombe thermonucléaire, et contrairement aux apparences, voici l’arme ultime : un canon à propulsion neutrino-zobique, une technologie piquée aux aliens de Jupiton (ceux qui se sont crashés en 1947 quelque part au Nouveau Mexique. Ou près de Villetaneuse, on ne sait plus exactement).

Et si l’arme nucléaire et les proxies militaires comme le Hezbollah, le Hamas, les Houthis n’avaient finalement été que des pièges à cons ?

Ou de manière plus polie -et anglosaxone- des red herrings ? Des distractions ?

Pendant que l’Occident et Israël focalisaient leur attention sur ces menaces atomiques (réelles et fantasmées), Téhéran misait tout sur son programme de missiles balistiques, hypersoniques ainsi que les drones.

Un choix technique et politique (assez ancien) qui révèle aujourd’hui son intelligence, sa pertinence.

Juin 2025 : un affrontement bref mais violent oppose Israël, appuyé par les Etats-Unis, à l’Iran. La guerre des 12 jours. Que les choses soient claires : c’est une guerre d’agression. Israël attaque Téhéran par surprise. L’Iran alors réplique. Escalade. Puis cessez-le-feu.

La durée du conflit révèle l’essence du problème : 12 jours

Pour un régime aussi affaibli que l’Iran face à l’armada high-tech israélo-américaine et ses moyens colossaux… ça clignotte de partout sur le tableau électrique des bugs cognitifs.

Pris dans la tourmente du moment, hypnotisés par le fracas des images, nous n’avons pas mesuré l’ampleur de la bascule géopolitique qui s’opérait devant nos yeux.

Subitement, Israël a battu en retraite. Voilà pourquoi cette bataille fut aussi courte.

On a maquillé le tout -bien maladroitement- par l’aviation américaine bombardant une poignée de sites nucléaires, en une sorte de bouquet final, suivie par la proclamation victorieuse de Trump, dans la grande tradition des présidents américains (“mission accomplished“).

Les raisons de cette défaite ? Simplissimes. Son système de défense sol-air (“dôme de fer” et ses différentes composantes) fut transpercé.

Conséquence ? Des frappes iraniennes endommageant qui une précieuse raffinerie, qui des immeubles d’habitation, qui le siège d’institutions scientifiques, militaires, etc.

L’état juif fut renvoyé à sa fragilité structurelle : aucune profondeur stratégique, un territoire moins grand que la Bretagne, avec quelques centres urbains et une densité de population élevée.

Ce système de protection, invincible contre les roquettes faites maison du Hezbollah, du Hamas ou les quelques missiles arabes lourdauds (que l’on se souvienne des Scud irakiens) est devenu brutalement caduque.

Les forces américano-israéliennes peuvent toujours neutraliser les défenses anti-aériennes iraniennes et assurer l’obsessionnelle “maîtrise du ciel”. Toutefois, en seconde frappe, Téhéran reprend le dessus et peut infliger des dégâts insoutenables aux infrastructures civiles et militaires et aux populations israéliennes (sans oublier quelques grosses bases américaines dans la région).

D’une dissuasion totale, démiurgique incarnée par la bombe nucléaire, l’Iran a démontré qu’une autre dissuasion était possible. Ce processus fut-il imposé “par la force des choses”, par la chance ou par une intelligence très fine ? Sans doute un peu des trois.

Israël est obsédé depuis des décennies par la possibilité d’une bombe nucléaire iranienne. Idem pour les Etats-Unis (mais cette fois sous l’angle des ressources d’hydrocarbures).

Ils ont concentré tous leurs moyens pour cautériser une telle menace (sabotages, assassinats, pressions internationales, sanctions économiques, “terrorisme”, etc.).

Or aujourd’hui, des milliers de missiles balistiques et hypersoniques épaulés par des volées de drones… font le MEME TRAVAIL. Et bien plus encore.

Pire : alors qu’un tir nucléaire iranien contre Israël signerait automatiquement l’anéantissement de l’Iran (réplique israélienne et/ou américaine)… la dissuasion par saturation de missiles et de drones se révèle aussi asymétrique que gagnante.

Elle ne viole aucun traité, elle n’est pas aussi odieuse moralement que l’atome et assure le même résultat (sanctuarisation du territoire et du régime iraniens, et donc prévention des premières frappes).

Cerise sur le riz safrané, elle est même compatible avec les interdits religieux (fatwa de l’ayatollah Khamenei contre la bombe A).

L’Iran est grand comme trois fois la France, avec de nombreuses montagnes. Il lui suffit de disperser ses ressources sur le territoire.

Bref, c’est un coup de maître.

Et nous n’avons rien vu venir, rien compris… prisonniers de nos certitudes, de notre vision du monde totémique, voire eschatologique, de notre vieux sens de la rapine (pétrole) voire de nos pathologies mentales (Grand Israël, retour du Messie et toutes ses sottises paranoïaques, suprémacistes, archaïques).

Ajoutons nos limitations techniques au pot de la honte (car répétons-le, aucun pays occidental à ce jour ne dispose d’armements hypersoniques, c’est ahurissant !)

On notera que cette défaite stratégique s’est immédiatement traduite par la redéfinition des objectifs : le fameux “changement de régime” (de l’intérieur). Ou dit autrement : la “révolution colorée” (copyright trademark CIA).

Dernière preuve : le projet délirant de Trump de bombarder de nouveau l’Iran (en admettant qu’il ait été réel) stoppé à la dernière minute (si on en croit une fois de plus les gazettes).

Le Réel s’impose à nous : un fantasme en chasse un autre.

Bien entendu, nul régime n’est éternel. Le “Reich de 1000 ans” c’est bon pour les enfants psychotiques, les nazillons d’opérette ou autres illuminés religieux…

Oui, peut-être qu’un jour les Iraniens chasseront les mollahs.

Mais il n’en demeure pas moins que les Iraniens ont rempli cet objectif remarquable : la dissuasion du faible au fort.

A eux désormais d’utiliser de manière intelligente cette nouvelle réalité géopolitique.

Avec l’aide de la Chine, le pays pourrait se développer économiquement (un élément clé des Nouvelles routes de la soie)… ce qui constitue la dernière menace stratégique pesant sur son avenir.

(Je signale à ce sujet un excellent papier qui nous rappelle que l’effondrement/avilissement de la monnaie précède toutes les révolutions. Les vraies. L’histoire le démontre à répétition).

Les ayatollahs pourraient (devraient) même comprendre que la rhétorique d’annihilation d’Israël n’a aucun sens, qu’elle est non seulement archaïque mais aussi contreproductive. En un mot : imbécile.

La victoire géopolitique serait alors complète. Et la Perse pourrait enfin occuper le rang qui lui revient de droit et d’histoire : celui d’une puissance régionale qui compte, souveraine, que l’on n’est pas forcé d’aimer (que l’on peut même détester) mais qui doit être respectée.

Les Etats-Unis (avec Israël derrière) mènent une guerre très agressive et permanente contre l’Iran depuis 1979, après la fuite du Shah… Soit presque un demi-siècle au compteur ! Rien de moins.

Parallèlement, les mollahs furent également très agressifs (avec au début la volonté d’exporter la révolution islamique, les attentats, etc… puis l’organisation de proxies type Hezbollah et autres milices).

Cette aberration a pris fin en juin 2025 durant la guerre des 12 jours.

La modernité en ce 21ème siècle c’est le “chacun chez soi“. Chacun sa part de puissance, chacun sa part de gâteau… avec l’assurance de tout perdre si quelqu’un s’avise de remuer le petit doigt.

Oui, certains dirigeants sont des malades mentaux, indéniablement (et nous devrions d’abord regarder chez nous, lire plus bas). Non, ils n’ont pas tous les pouvoirs. Il y a autant d’Iraniens normaux que d’Israéliens normaux, en proportion.

Et personne ne veut mourir, bêtement, au nom de fantasme religieux ou d’idéologie absurde.

POST-SCRIPTUM

Les éternels pompom girls de la pensée industrielle sous cellophane me répondront en grimpant aux rideaux que vous n’y pensez pas mon bon monsieur, l’Iran veut exterminer Israël et tous les juifs, c’est trop horrible, nazis, Hitler, horreur, holocauste, apocalypse et qu’est-ce qu’on mange ce soir le frigo est vide.

Stop. Ca suffit.

Téhéran ne lancera pas une première frappe contre Israël, menaçant son existence, car alors Israël vitrifierait l’Iran (avec ses armes nucléaires, sans oublier celles des Etats-Unis).

POST-SCRIPTUM BIS

On nous répète sans arrêt que Poutine, Xi Jinping, Rocket Man et les ayatollahs sont au mieux demeurés, au pire, complètement cinglés.

Mais coco… “tu t’es vu quand t’as bu” ?

Voici le président d’une grande démocratie occidentale éclairée. Le camp du Bien. Il est marié avec sa maman et son ambition est d'”emmerder” ses concitoyens. Et il veut aussi faire la guerre contre la Russie. Parce qu’il le vaut bien (voir les perruques de sa maman).

Se persuader que l’on appartient au camp du Bien et que tous les autres incarnent le Mal est confortable. Forcément.

Mais nous avons perdu toute crédibilité. Commençons d’abord par faire le ménage dans nos rangs.

Expliquez-moi en quoi Macron ou Merz est moins dangereux qu’un président iranien, qu’un dirigeant russe ou chinois ? Ou que Keir Starmer est moins débile que Nicolas Maduro ?

Nous ne pouvons plus, de manière décente, continuer à donner des leçons au monde en nous drapant dans notre supériorité morale fantasmée.

Nous ne pouvons plus prétendre dicter aux Iraniens (et tous les autres) ce qu’ils doivent faire, ne pas faire, ni comment.

Voici la seule règle réellement universelle qui devrait prévaloir au niveau des états : si tu me cherches des noises, le coût de ma réaction sera intolérable pour toi, donc tiens toi à carreau, maîtrise tes pulsions et neutralise tes propres extrémistes.

Israël bénéficie d’une telle dissuasion grâce à son arsenal nucléaire. C’est incontestable. Que l’on continue à faire abstraction de cette réalité et à pleurnicher démontre notre hystérie et notre bêtise.

L’Iran semble aussi avoir atteint cette dissuasion, mais avec des moyens différents.

Résultat ? Un partout la balle au centre.

Mécaniquement, ce duopole, ce pas-de-deux entre Jérusalem et Téhéran réduit les risques sécuritaires dans la région.

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Résistance

La 666ème guerre mondiale contre l’Iran fait pschiit

Quelle tristesse ! Nous n’avons pas bombardé l’Iran ! Ouin ! Maman ! Ouin ! C’est pas juste ! Sniff ! Prout !

Pfuit. Voire pschiit. La 666ème guerre mondiale contre l’Iran a échoué. Comprendre : elle n’a même pas pu commencer.

On reformule : un bide.

On ne peut exclure une énième manoeuvre vicelarde d’intoxication comme en juin 2025 lorsque Trump avait menti aux Iraniens… mais voilà, il semble que les carottes ne sont pas cuites. Du tout.

Zut. La déception doit être terrible chez certains.

Et on touche au sublime avec la presse nous expliquant que c’est le bras vengeur et séculier de Nettanyahou qui a EMPECHE Trump de passer à l’attaque ! 😉

Si, si, ils osent écrire cela (DailyMail ou CNN).

On note que la presse française n’a toujours pas reçu le mémo ou alors elle est trop inconsolable (le Figaro ayant été particulièrement odieux, hystérique et pro-guerre pendant de nombreux jours).

Difficile de connaître la vérité. On doit quand même rappeler que l’opération était bien réelle. La propagande médiatique insensée en Occident (surtout en Europe d’ailleurs), la psyop avec le fils du Shah, les violences sur le terrain, les cibles choisies par certains émeutiers (mosquées, bus, etc.)

On peut donc dire que quelque chose ou quelqu’un a stoppé la machine infernale. Et ce n’est bien sûr pas Israël.

Vous connaissez ma relation du type “je t’aime moi non plus” avec la Chine… A mon sens, l’explication la plus rationnelle est Pekin envoyant un message -très violent- aux Américains.

Un message de la part des Iraniens n’est pas impossible non plus (raser les villes israéliennes avec des volées de missiles hypersoniques, ça calme, même les fous furieux du côté de Tel Aviv).

Une chose est certaine : il y a eu DISSUASION.

Je ne crois pas à l’idée d’un bluff de Trump (faire simplement peur aux Iraniens et dans quel but ?). Il savait très bien que les manifestants capables de renverser le régime et le fils du Shah sorti de la napthaline, tout ça c’était du FLAN monté en épingle par ses services.

Il n’aurait pas escaladé comme il l’a fait avant de s’écraser comme un étron. Aucun gain. D’autant qu’il était auréolé de sa stupéfiante victoire au Vénézuéla.

La thèse d’une intervention “divine” de dernière minute paraît donc la plus probable. Et finalement la plus rassurante.

Pour la beauté du raisonnement et par respect pour l’homme, on pourrait aussi penser que Trump, de lui-même, a écouté sa Raison et a finalement reculé (mettant en porte-à-faux son état profond, les néocons et le lobby pro-israélien).

Le fait est. Dans le monde nouveau, il y a des lignes rouges que même les Etats-Unis ne peuvent plus violer.

Echec face à la Russie. Echec face à l’Iran. Echec de la guerre commerciale contre la Chine. Voilà les symptômes, physiques, de la réalité géopolitique de ce 21ème siècle.

Après la démence sans frein de l’Amérique seule superpuissance, on retrouve un principe nécessaire de balance.

D’équilibre.

Le monde a besoin de 2 superpuissances qui s’opposent, se concurrencent. Et même parfois se foutent sur la gueule de façon limitée et à la marge. Mais une telle configuration empêche les aventures et déflagrations unilatérales (en clair limite la folie humaine).

Nous avons besoin d’un monde divisé et donc mieux géré.

Tout le contraire de la vision démiurgique et hystérique des globalo-neuneus qui ne veulent voir qu’une seule tête dépasser.

La leur bien sûr.