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Saloperie et sida mental

Ormuz : la coalition de Trump est un vaisseau fantôme

La Grande Armada Coalisée de Trump dans le détroit d’Ormuz

Le 7 mars, Trump critiquait vertement le Royaume-Uni, “dans le temps un formidable allié” (suite au refus d’utiliser les bases britanniques). Il finissait rageur : nous n’avons plus besoin d’eux.

Nous n’avons pas besoin de gens qui rejoignent les guerres après que nous ayons déjà gagné ! (source)

Une semaine plus tard, il appelle à l’aide le Royaume-Uni, la Chine, la France, la Corée du Sud et d’autres pays pour débloquer le détroit d’Ormuz qu’il a lui-même bloqué.

Normal.

Il va même jusqu’à menacer l’Otan !

S’il n’y a pas de réponse ou si la réponse est négative, je pense que ce sera très mauvais pour l’avenir de l’Otan (source).

Depuis son retour à la Maison Blanche, Trump insulte la terre entière. Il cogne sur ses alliés (des vassaux en réalité) avec droits de douanes, menaces, humiliations publiques. Il agresse en permanence la Chine.

Et maintenant, pris dans le piège tendu par sa folle décision d’attaquer l’Iran, il fantasme sur une pseudo “coalition” qui N’EXISTE PAS.

Personne n’a envie de compter ses morts. Mais surtout, personne n’a envie de aider le président des Etats-Unis.

Il est devenu totalement tricard.

Trump est seul… avec la secte des cinglés de Tel Aviv.

  • Italie : non
  • Royaume-Uni : non
  • Suisse : non
  • France : non
  • Canada : non
  • Espagne : non
  • Allemagne : non
  • Grèce : non
  • Australie : non
  • Japon : refus “poli” (“on va réfléchir”)
  • Corée du Sud : refus “poli” (“on va réfléchir”)

Quant à la Chine, alors même qu’il y a une réunion à Paris au sujet des taxes douanières et qu’une visite d’état de Trump en Chine est prévue le 31 mars… on se pince.

Penser que Pékin viendrait à l’aide des Américains est non seulement une faute géopolitique lourde mais surtout une faute de l’intelligence. C’est impardonnable (surtout pour les Chinois).

Cerise sur le pie : Trump déclare qu’il pourrait décaler son voyage (sous-entendu, si Pékin ne cède pas à son chantage) !

Pour mieux voyager à Pékin fin mars, Trump décide… de menacer la Chine

L’Iran poursuit sa formidable stratégie asymétrique en laissant passer certains navires (chinois, indiens).

Trump est coincé comme un rat dans une cage. Il se débat. Il enrage.

Il claironne sa faiblesse chaque jour en postant des messages plus délirants les uns que les autres (nouvelle salve la nuit dernière, Fed, Ormuz, taxes douanières, tout y passe, une logorrhée effrayante).

Nous assistons au naufrage d’un homme et du système qu’il est censé incarner.

Après le choc, l’incompréhension, l’incrédulité, la vérité apparaît ainsi, brutale et ahurissante : les Etats-Unis sont devenus ridicules.

L’empire de l’Ouest sombre dans le burlesque et l’impuissance.

La suite ? On la connaît déjà : l’état profond américain va devoir purger Trump… tant il est devenu un passif.

Un boulet.

Il sera destitué après les élections de mi-mandat en novembre (avec la victoire du parti Démocrate).

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Saloperie et sida mental

Ile de Kharg : engrenage fatal ou bluff ultime ?

Tout se précipite.

-les Etats-Unis ont bombardé l’île iranienne de Kharg. Trump s’en vante dans un message rageur

-Ils déploient un contingent de 5 000 marines (groupe amphibie USS Tripoli, port d’attache au Japon)

Ce bombardement est un développement majeur. L’île avait été soigneusement épargnée jusqu’à présent.

Ce point est d’ailleurs essentiel : à part quelques attaques sur des dépôts pétroliers, des raffineries… les belligérants n’ont JAMAIS tenté de détruire TOTALEMENT les grosses infrastructures pétrolières et gazières dans la région. Coups retenus.

Du côté iranien : si le pays peut frapper à loisir les bases US dans le golfe Persique et les villes israéliennes… il est évident qu’il pourrait annihiler Ras Laffan au Qatar par exemple (plus gros exportateur mondial de gaz naturel liquéfié). Le GNL ne fait généralement pas bon ménage avec des explosifs…

Et du côté israélo-américain, la cible est toute désignée, clignotant de mille feux : l’île de Kharg, les “joyaux de la couronne” comme le rappelle Trump lui-même dans son message. L’île, située à 25 km des côtes, assure 90 % des exportations iraniennes de brut (1,5 à 2 millions de barils par jour).

Cet équilibre de la terreur est aujourd’hui mis à mal.

Trump pose publiquement les bases de l’escalade : l’armée US a détruit SEULEMENT les équipements militaires sur Kharg.

Si le détroit d’Ormuz n’est pas rouvert alors il reconsidérera sa décision de ne pas frapper les installations pétrolières.

Il s’agit donc d’un ultimatum.

Problème : c’est du bluff.

D’abord dans la forme. Trump décrit dans son message “one of the most powerful bombing raids in the History of the Middle East“. Toujours cette emphase absurde. La perte principale semble être la piste d’atterrissage.

En outre, le bluff est évident quand on fait le lien avec l’annonce des 5 000 marines.

Le plan américain se révèle comme un enfant ouvrant ses cadeaux devant un sapin de noël : ils veulent SAISIR l’île. On tout cas le faire croire.

Tout le monde comprend qu’une force de 5 000 marines ce n’est pas pour rejouer le 6 juin 1944 en Iran. Mais sur l’île (20 km2), pourquoi pas ?

Quant à détruire les infrastructures pétrolières… le monde aurait du mal à se passer de 1,5 à 2 millions de barils par jour.

L’Iran pourrait en outre détruire ses propres installations (en cas de débarquement) et celles du Qatar ou de l’Arabie Saoudite (pour se venger).

On reformule : si Kharg saute alors le monde saute (grosso modo).

Le cliquet est donc dangereux. La balle est désormais dans le camp iranien.

-l’Iran DOIT répliquer à l’attaque américaine contre son île car ses INTERETS VITAUX sont en jeu. Trump cherche-t-il pousser l’Iran à commettre le pas de trop ? Ou une fois de plus, croit-il en son propre hubris ?

-ensuite, si les Marines tentent réellement de débarquer sur l’île, alors l’Iran pourrait massacrer le contingent en détruisant ses propres installations, ou des installations similaires dans le golfe persique. Double prix… bien trop élevé pour Trump.

-Il est peu probable que Téhéran accepte les termes de l’ultimatum et lâche sa main mise sur le détroit d’Ormuz.

Le piège est donc tendu :

-ne pas réagir : défaite psychologique importante (intérêts vitaux foulés aux pieds). Cette non réaction pouvant mener à une autre défaite, stratégique et économique cette fois : la perte de l’île (via débarquement/occupation ou destruction).

-réagir : le saut dans le vide, dans l’inconnu

Alors coup de bluff ou escalade fatale ?

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La 666ème guerre mondiale est déjà terminée

On a envie d’éclater de rire tellement c’était prévisible. Mais en fait, non, c’est tragique.

Discours de Trump lundi soir.

“Notre pays se débrouille vraiment bien. Nous avons fait une petite excursion car nous estimions que c’était nécessaire pour éradiquer le mal. Je pense que vous verrez que ce sera une excursion de courte durée. De courte durée ! Notre armée est si bonne. De courte durée… de courte durée”

Il aura donc suffi de quelques heures de panique pétrolière (baril à plus de 100 dollars) et de panique boursière… pour que le principe de réalité renvoie Gog et Magog dans les limbes de la psychopathie et des films d’horreur de série B.

Il est important de le répéter : quelques heures. 😉

The spice must flow.

C’est valable aussi bien pour les méchants que pour les gentils et toutes les nuances entre les deux. Il n’y a pas d’alternative (pour une fois cette expression stupide se vérifie).

On peut ainsi virtuellement dire que cette guerre est encore PLUS COURTE que la guerre des 12 jours en juin 2025 !

Le bilan ? Victoire stratégique iranienne.

On les attendait sur le nucléaire, cela fait 25 ans qu’on les harcèle sur le nucléaire et qu’ils nous bourrent le mou avec le nucléaire… et pendant ce temps ils sont parvenus à atteindre cette fameuse dissuasion du faible au fort… grâce à leur extraordinaire programmes de missiles et de drones.

C’est remarquable.

Certes, ils ont été sévèrement cognés, mais le pouvoir actuel est renforcé et surtout relégitimé puisqu’il a démontré la justesse de ses analyses et de ses actions : le pays est de facto sanctuarisé !

Chapeau les artistes.

Pas de méprise : les Israéliens poursuivront à l’évidence leur guerre asymétrique (assassinats, sabotages, etc.) Idem pour les Etats-Unis (sanctions économiques éternelles).

La guerre chaude, quant à elle, a démontré son impossibilité (en termes de durée). Rien de moins.

La lutte contre l’Iran, il convient de le rappeler devant l’ignorance des groupies Gog et Magog, dure depuis un demi siècle.

Elle n’est donc pas spécifique à Trump, si l’on met de côté son style si… particulier, sa grande gueule et son goût pour les coups de poker.

Je reformule : c’est une constante américaine depuis 1979 et même avant, avec le coup d’état de 1953 (lorsque la CIA et le MI6 éliminèrent un premier ministre trop nationaliste et installèrent le Shah à la place).

Il faut prendre la mesure de ce que nous avons fait. Par une décision précipitée et mal évaluée, nous sommes parvenus à :

  • remplacer un vieux Khamenei par un jeune Khamenei (son fils âgé de 56 ans) !
  • valider la stratégie suivie par le régime iranien depuis plus de 20 ans
  • renforcer l’unité politique de l’Iran (recevoir des bombes sur la gueule, généralement ça rapproche ceux qui… survivent)
  • bétonner l’alliance entre l’Iran et le bloc sino-russe
  • prouver au monde notre faiblesse ontologique : nous sommes incapables de souffrir (nos sociétés modernes ne sont pas résilientes, le pétrole dépasse 100 dollars pendant quelques heures et nous nous effondrons, littéralement)

Les Occidentaux peuvent donc se jeter des fleurs. Tant de “win”, ça donne le vertige ! 😉

Cette guerre occupera une place très importante dans les livres d’histoire. L’empire de l’Ouest ne s’en remettra pas.

En reculant un peu, on distingue parfaitement un continuum stratégique : Ukraine + Iran = la fin. Une séquence historique, dans tous les sens du terme.

Le coup de poker américain était compréhensible, rationnel même (réaffirmer l’impérium de l’Ouest, affaiblir l’ennemi chinois, s’appuyer sur les manifestations d’opposants, dissimuler le délabremement de l’économie occidentale en s’emparant des richesses pétrolières iraniennes, le tout AVANT que l’Iran soit -totalement- sanctuarisé) mais il a échoué.

Pire : terriblement échoué.

Dans quelques jours, quelques semaines tout sera fini. Les belligérants rentreront à la maison et panseront leurs nombreuses plaies.

Les Iraniens en ont pris pleine la gueule, les Israéliens aussi, quant aux Américains ce n’est pas une plaie mais plutôt un cadavre stratégique impossible à réanimer, même en mode “zombie” (clin d’oeil à Emmanuel Todd).

Trump reprendra le cours normal de sa présidence (avant d’être impeached par les Démocrates) : s’attaquer à des cibles faciles et limitées à son hémisphère.

Cuba tombera ainsi dans son escarcelle.

Et il s’agira pour une fois d’une véritable victoire (le Cuba communiste est un furoncle sur  le nez de l’Oncle Sam depuis des décennies, une véritable insulte au bon sens à moins de 100 miles nautiques des côtes de Floride).

Attention, la défaite stratégique de la secte de Tel Aviv est tellement cuisante qu’un acte de désespoir n’est pas exclu.

Ils pourraient lancer une attaque sous faux drapeau afin de pousser Téhéran ou Washington à sur-réagir, relançant ainsi le conflit et l’envenimant.

Ce n’est pas du complotisme.

L’Histoire est jonchée de false flag.