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Saloperie et sida mental

“Wollt ihr den totalen Krieg ?” : nein répondront Trump… et vous tous

On voit ici Benjamin Nettanyahou en grand uniforme de Reichspropagandaminister, au Sportpalast à Tel Aviv, en train de prononcer son fameux discours sur la “totaler krieg”.

J’ai écrit le 10 mars que la 666ème guerre mondiale était déjà terminée.

Après les événements du 18 mars (attaque israélienne sur les infrastructures gazières iraniennes, puis la violente réplique de Téhéran contre le Qatar) j’admets que l’on pourrait douter.

Après tout, “totaler krieg“, ça se traduit très bien en hébreu et en anglais. 😉

Pourtant, je continue de penser que cette guerre -perdue pour l’empire de l’Ouest- prendra rapidement fin.

Comment ? Retour sur l’homme-clé : Donald Trump.

Le président américain est le seul, grâce à son culot monumental et son à art du spectacle, qui pourrait déclarer la “victoire” et remballer le matériel alors même qu’il est dans la mouise jusqu’à la taille et que le dieu Mars lui fait des misères.

Cela paraît énorme ?

Pas plus que le même Donald Trump donnant son feu vert le samedi 28 février à l’offensive contre l’Iran, avec un plan ubuesquement foireux.

Trump réfléchit et agit… rapidement. Sa plasticité intellectuelle est parfois un handicap, parfois un atout.

Et il n’a aucune gêne à appliquer l’un et l’autre, alternativement.

Pas de malentendu. Ici, il ne s’agit pas de sauver les meubles stratégiques. Dans ce domaine, c’est cuit. Le bouleversement géopolitique est profond et s’inscrit dans la continuité de la chute de l’empire de l’Ouest et surtout dans son inévitabilité.

Ukraine 2022 – Iran 2026.

La séquence comme on dit sur BFM et dans les colonnes du Monde est parfaite.

C’est bien elle qui figurera dans les livres d’histoire comme la marque du début de la fin. Ou la fin du début.

Emmanuel Todd avait -quasiment- tout écrit dès 2023 (son livre la Défaite de l’Occident, paru en janvier 2024). Il faudra lui donner crédit et lui rendre hommage.

Et quand on se place dans ce cadre, on comprend que le coup de poker américain était parfaitement rationnel : ils ont tenté de se refaire (face à la défaite contre la Russie et l’émergence du nouvel empire du Milieu).

L’échec retentissant du plan, a posteriori, ne doit pas gommer la rationnalité derrière. Les délires de certains à Tel Aviv ne sont rien à côté des enjeux et de la place géostratégique particulière de l’Iran (rien de neuf depuis des décennies, CF le coup d’état de 1953, le pétro-dollar, la guerre à bas bruit depuis 1979, etc.).

Non, il s’agit de couper ses pertes, tel un joueur de poker dans un casino (construit par Trump) et de claironner une victoire “comme le monde n’en a jamais connu” (copyright).

Et ceci, Trump est très capable de le faire (a contrario de nombreux autres décideurs).

Quid des modalités pratiques ? Un cessez-le-feu. Il n’y aura rien d’autre (à part quelque “conférence sur la paix régionale” qui débouchera sur du vent).

L’Iran n’obtiendra rien d’autre -de concret- de la part des Etats-Unis.

Ce cessez-le-feu sera bien entendu la victoire par K-O du régime iranien. Et on continuera de faire semblant de croire en la puissance américaine, en réalité éreintée et en déclin permanent.

Et l’Histoire poursuivra son cours (sans nous).

POST-SCRIPTUM

L’alternative à ce scénario ? Elle n’existe pas (sauf dans le domaine du fantasme).

L’Occident ne peut plus encaisser une “guerre totale”.

Notre résistance à la douleur approche le zéro absolu.

Nous sommes hystériques, vieux, perclus de pathologies (physiques et mentales), et remplacés -ethniquement et culturellement parlant.

On ne fait pas une guerre totale avec un tel matériel humain, dégradé, divisé, incohérent.

 

 

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Ormuz : la coalition de Trump est un vaisseau fantôme

La Grande Armada Coalisée de Trump dans le détroit d’Ormuz

Le 7 mars, Trump critiquait vertement le Royaume-Uni, “dans le temps un formidable allié” (suite au refus d’utiliser les bases britanniques). Il finissait rageur : nous n’avons plus besoin d’eux.

Nous n’avons pas besoin de gens qui rejoignent les guerres après que nous ayons déjà gagné ! (source)

Une semaine plus tard, il appelle à l’aide le Royaume-Uni, la Chine, la France, la Corée du Sud et d’autres pays pour débloquer le détroit d’Ormuz qu’il a lui-même bloqué.

Normal.

Il va même jusqu’à menacer l’Otan !

S’il n’y a pas de réponse ou si la réponse est négative, je pense que ce sera très mauvais pour l’avenir de l’Otan (source).

Depuis son retour à la Maison Blanche, Trump insulte la terre entière. Il cogne sur ses alliés (des vassaux en réalité) avec droits de douanes, menaces, humiliations publiques. Il agresse en permanence la Chine.

Et maintenant, pris dans le piège tendu par sa folle décision d’attaquer l’Iran, il fantasme sur une pseudo “coalition” qui N’EXISTE PAS.

Personne n’a envie de compter ses morts. Mais surtout, personne n’a envie de aider le président des Etats-Unis.

Il est devenu totalement tricard.

Trump est seul… avec la secte des cinglés de Tel Aviv.

  • Italie : non
  • Royaume-Uni : non
  • Suisse : non
  • France : non
  • Canada : non
  • Espagne : non
  • Allemagne : non
  • Grèce : non
  • Australie : non
  • Japon : refus “poli” (“on va réfléchir”)
  • Corée du Sud : refus “poli” (“on va réfléchir”)

Quant à la Chine, alors même qu’il y a une réunion à Paris au sujet des taxes douanières et qu’une visite d’état de Trump en Chine est prévue le 31 mars… on se pince.

Penser que Pékin viendrait à l’aide des Américains est non seulement une faute géopolitique lourde mais surtout une faute de l’intelligence. C’est impardonnable (surtout pour les Chinois).

Cerise sur le pie : Trump déclare qu’il pourrait décaler son voyage (sous-entendu, si Pékin ne cède pas à son chantage) !

Pour mieux voyager à Pékin fin mars, Trump décide… de menacer la Chine

L’Iran poursuit sa formidable stratégie asymétrique en laissant passer certains navires (chinois, indiens).

Trump est coincé comme un rat dans une cage. Il se débat. Il enrage.

Il claironne sa faiblesse chaque jour en postant des messages plus délirants les uns que les autres (nouvelle salve la nuit dernière, Fed, Ormuz, taxes douanières, tout y passe, une logorrhée effrayante).

Nous assistons au naufrage d’un homme et du système qu’il est censé incarner.

Après le choc, l’incompréhension, l’incrédulité, la vérité apparaît ainsi, brutale et ahurissante : les Etats-Unis sont devenus ridicules.

L’empire de l’Ouest sombre dans le burlesque et l’impuissance.

La suite ? On la connaît déjà : l’état profond américain va devoir purger Trump… tant il est devenu un passif.

Un boulet.

Il sera destitué après les élections de mi-mandat en novembre (avec la victoire du parti Démocrate).

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Ile de Kharg : engrenage fatal ou bluff ultime ?

Tout se précipite.

-les Etats-Unis ont bombardé l’île iranienne de Kharg. Trump s’en vante dans un message rageur

-Ils déploient un contingent de 5 000 marines (groupe amphibie USS Tripoli, port d’attache au Japon)

Ce bombardement est un développement majeur. L’île avait été soigneusement épargnée jusqu’à présent.

Ce point est d’ailleurs essentiel : à part quelques attaques sur des dépôts pétroliers, des raffineries… les belligérants n’ont JAMAIS tenté de détruire TOTALEMENT les grosses infrastructures pétrolières et gazières dans la région. Coups retenus.

Du côté iranien : si le pays peut frapper à loisir les bases US dans le golfe Persique et les villes israéliennes… il est évident qu’il pourrait annihiler Ras Laffan au Qatar par exemple (plus gros exportateur mondial de gaz naturel liquéfié). Le GNL ne fait généralement pas bon ménage avec des explosifs…

Et du côté israélo-américain, la cible est toute désignée, clignotant de mille feux : l’île de Kharg, les “joyaux de la couronne” comme le rappelle Trump lui-même dans son message. L’île, située à 25 km des côtes, assure 90 % des exportations iraniennes de brut (1,5 à 2 millions de barils par jour).

Cet équilibre de la terreur est aujourd’hui mis à mal.

Trump pose publiquement les bases de l’escalade : l’armée US a détruit SEULEMENT les équipements militaires sur Kharg.

Si le détroit d’Ormuz n’est pas rouvert alors il reconsidérera sa décision de ne pas frapper les installations pétrolières.

Il s’agit donc d’un ultimatum.

Problème : c’est du bluff.

D’abord dans la forme. Trump décrit dans son message “one of the most powerful bombing raids in the History of the Middle East“. Toujours cette emphase absurde. La perte principale semble être la piste d’atterrissage.

En outre, le bluff est évident quand on fait le lien avec l’annonce des 5 000 marines.

Le plan américain se révèle comme un enfant ouvrant ses cadeaux devant un sapin de noël : ils veulent SAISIR l’île. On tout cas le faire croire.

Tout le monde comprend qu’une force de 5 000 marines ce n’est pas pour rejouer le 6 juin 1944 en Iran. Mais sur l’île (20 km2), pourquoi pas ?

Quant à détruire les infrastructures pétrolières… le monde aurait du mal à se passer de 1,5 à 2 millions de barils par jour.

L’Iran pourrait en outre détruire ses propres installations (en cas de débarquement) et celles du Qatar ou de l’Arabie Saoudite (pour se venger).

On reformule : si Kharg saute alors le monde saute (grosso modo).

Le cliquet est donc dangereux. La balle est désormais dans le camp iranien.

-l’Iran DOIT répliquer à l’attaque américaine contre son île car ses INTERETS VITAUX sont en jeu. Trump cherche-t-il pousser l’Iran à commettre le pas de trop ? Ou une fois de plus, croit-il en son propre hubris ?

-ensuite, si les Marines tentent réellement de débarquer sur l’île, alors l’Iran pourrait massacrer le contingent en détruisant ses propres installations, ou des installations similaires dans le golfe persique. Double prix… bien trop élevé pour Trump.

-Il est peu probable que Téhéran accepte les termes de l’ultimatum et lâche sa main mise sur le détroit d’Ormuz.

Le piège est donc tendu :

-ne pas réagir : défaite psychologique importante (intérêts vitaux foulés aux pieds). Cette non réaction pouvant mener à une autre défaite, stratégique et économique cette fois : la perte de l’île (via débarquement/occupation ou destruction).

-réagir : le saut dans le vide, dans l’inconnu

Alors coup de bluff ou escalade fatale ?