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Vrac

Guerre contre l’Iran : revenir aux fondamentaux sino-américains

“Regardez comme la Chine est proche de nos bases militaires. Elle menace notre sécurité ! C’est intolérable !”

Comme vous le savez, Trump a publié dimanche un énième message délirant (“No More Mr. Nice Guy. It’s time for the Iran killing-machine to end. “).

J’avais pris pour habitude de les publier en commentaires pour l’édification de mes lecteurs.

Mais là, quelque chose à changé. Je me suis dit in petto : “A quoi bon ? C’est du bruit”.

Nous sommes obsédés par Trump et ses déclarations contradictoires, folles, hystériques qui se suivent et s’entrechoquent telles des rafale de Kalachnikov, pardon, de M16.

Conséquence : nous devenons aveugles.

Je vous propose de revenir aux fondamentaux et ces derniers nous mènent vers le côté sombre.

Il y en a 2 :

tous les présidents depuis Jimmy Carter ont fait la guerre contre l’Iran. Non, Barack Obama n’est absolument pas une exception malgré son accord JCPOA… car il a détruit la Syrie (clé évidente et étape évidente dans la guerre au long cours contre l’Iran).

-la guerre sino-américaine. Elle n’existait bien entendu pas en 1979, mais elle est devenue le fait géopolitique du 21ème siècle. Elle est sous-tendue par le “piège de Thucydide” (autre évidence historique et géopolitique).

Ces 2 fondamentaux convergent, focalisent sur l’Iran.

Depuis début mars, je répète que l’oncle Sam a commis une erreur, mais en même temps, je comprends la rationnalité du coup de poker tenté.

Ma conclusion me semblait donc logique : Washington va déclarer la victoire intergalactique (Trump sait très bien faire) et quitter rapidement ce bourbier.

Puis reprendra, pépère, la guerre “silencieuse” contre l’Iran, celle qui dure depuis 50 ans.

L’asymétrie paraissait trop flagrante : d’un côté, coup de poker raté pour les Américains, de l’autre conflit existentiel pour les Iraniens.

Voilà donc qui justifiait la retraite en bon ordre, pardon le regroupement.

J’ai peur d’avoir fait une grosse erreur en oubliant la guerre sino-américaine.

Sous ce prisme alors la réalité apparaît : le conflit est bel et bien EXISTENTIEL pour les Etats-Unis !

Voilà pourquoi ils ne reculeront pas.

Une défaite face à l’Iran (même emballé sous les salades spectaculaires de Trump) signerait, de fait, la fin de l’impérium américain.

Pékin, excité par l’odeur du sang, sonnerait l’hallali.

Cela permet d’expliquer l’hystérie qui s’empare de Washington (l’agitation, voire la panique ne sont pas feintes).

Il y a vraiment eu au départ une erreur de calcul (le coup de poker de la décapitation). Cet échec est bien plus signifiant qu’on peut le penser.

Et donc maintenant, la machine de guerre américaine n’a plus le choix (d’où l’envoi de troupes, le blocus naval contre l’Iran, l’attaque et la saisie d’un cargo iranien, etc.). Elle s’emballe. Elle doit s’emballer.

On voit bien que les pseudos “négociations” ne mènent à rien. Et pour cause.

Les Etats-Unis NE PEUVENT PAS négocier. Et inutile de rappeler que l’Iran ne le peut pas non plus (le régime iranien joue sa peau, au sens propre).

Ils doivent donc anéantir l’Iran, en finir avec le régime, seul moyen de contenir l’émergence de l’empire du Milieu et de conserver leur rang d’empire de l’Ouest.

Je parle de volonté. Pas forcément de résultat.

Mais la voie semble tracée.

Comme au bon temps de la guerre froide, les 2 puissances ne s’affrontent pas directement. Elles se battent par proxy. L’Ukraine bien entendu et maintenant l’Iran.

Deux guerres chaudes sans fin.

Très chaudes.

POST-SCRIPTUM

Trump est prêt à se sacrifier. Dernier mandat.

Personnellement, il joue sa place dans l’Histoire. Il est donc très motivé, comme son état profond. Alignement parfait des planètes.

Voilà pourquoi, il se contrefout de ses électeurs et donc des répercussions politiques (les mid terms de novembre) et économiques (inflation).

Le pays a de quoi faire en hydrocarbures (c’est un fait). Il peut donc tenir le siège.

Tous les effets négatifs (Europe, Asie) sont de facto plutôt avantageux pour la puissance américaine (désordre en Asie du Sud-Est qui est une pièce maîtresse pour la Chine). Idem en Europe (le dindon de la farce).

Le désordre voire le chaos économique sert les intérêts géopolitiques profonds américains car la puissance est toujours relative.

Si on ne peut plus soi-même grimper sur l’échelle alors il suffit de FAIRE DESCENDRE ses concurrents !

J’espère bien sûr me tromper. Un accord foireux pourrait être rapidement signé et tout le monde rentrerait à la maison, pour panser ses plaies.

Mais dans de cas là, la défaite de l’empire de l’Ouest serait consommée.

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Pognon

And now for something completely different : le déficit budgétaire américain

Les Etats-Unis viennent de créer le ministère des Silly Walks. Forcément, cela alourdit le déficit.

Oui, je sais, ça casse l’ambiance. Mes groupies “guerre” vont me jeter des peaux de banane. Nous sommes en pleine 666ème guerre mondiale, le monde saute à cloche-pied près du précipice, le détroit d’Ormuz est quantique (ouvert et fermé en même temps)… et il faudrait se pencher sur le déficit budgétaire américain ?

Scandale. Outrage.

Et pourtant… c’est lié. Un peu ? Beaucoup ? Passionnément ?

D’abord les données. L’année fiscale commence le 1er octobre. Nous avons donc les chiffres sur 6 mois.

Le déficit budgétaire atteint 1 169 milliards, soit une baisse de 11 % (-138 milliards) par rapport au premier semestre de l’année précédente.

Youpi ?

Non, car c’est le 3ème déficit semestriel le pire de l’histoire du pays.

Non, car les taxes douanières trumpiennes ont fortement augmenté… mais on a vu à quel point elles étaient fragiles (la Cour Suprême les a retoquées).

En outre, par d’habiles jeux d’écritures, les coûts insensés de la guerre contre l’Iran n’apparaissent pas -encore- sur le mois de mars.

Et par dessus le marché, Trump vient de demander au Congrès un quasi doublement des dépenses militaires.

Bref : le déficit s’alourdira durant le second semestre. Et le -11 % sur la première moitié pourrait se transmuter en +11 d’ici septembre prochain !

Enfin, il faut parler des intérêts versés sur la dette publique (début mars = 38 500 milliards de dollars).

Le total dépassera les 1 300 milliards fin septembre ! C’est bien plus que l’actuel budget militaire (850 milliards).

Cela représentera 23 % du total des recettes fiscales annuelles (5 600 milliards).

Sur le 1er semestre, ils sont en hausse de 7% par rapport à l’année précédente (même période).

La mécanique est implacable : chaque année, le déficit budgétaire vient s’ajouter à la dette publique.. comme en France où nous avons un déficit chaque exercice depuis les années 70…

Lien : https://www.zerohedge.com/markets/half-way-fiscal-2026-us-budget-deficit-11-lower-2025-its-about-get-much-worse

Il paraît impossible de séparer les sujets (le dollar, le pétrodollar, la dette américaine, la guerre contre l’Iran).

Derrière les idéologies, les colères, les folies du moment (“Gog Magog”)… il y a toujours le “pognon“.

L’Empire de l’Ouest s’affaiblit, sous son propre poids (dettes, système financier virtualisé et hors proportions)… il est attaqué par des concurrents (l’Empire du Milieu) qui veulent lui piquer sa place.

Alors il se défend, plus ou moins bien.

L’un des symptômes physiques de ce Grand Jeu pratiqué par l’humanité depuis toujours est bien entendu la guerre. La violence physique.

Bref : rien de neuf sous le soleil.

Ecce homo.

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Saloperie et sida mental

Cessez-le-feu : fallait-il sauver le soldat Trump ?

Voici un Américain en train de négocier un “cessez-le-feu”

On se pince : incompétence, débilité, chaos ou… ruse à 2 dollars ?

24 heures après l’annonce fracassante du cessez-le-feu, juste une heure avant la fin de l’ultimatum apocalyptique de Trump (“une civilisation entière va mourir ce soir“)… une odeur rance pince nos narines délicates.

L’odeur du foutage de gueule.

On l’a dit à de multiples reprises : Trump s’était enfermé comme un gamin psychotique dans un piège redoutable avec ses ultimatums imbéciles et des deadlines sans cesse repoussées… Comment sortir ? Et si ce “cessez-le-feu” n’avait servi qu’à cela ?

  • 24 heures après, le Liban est quantique (inclus dans le deal selon l’Iran et le Pakistan, exclu selon Tel Aviv et Washington). On sent qu’Israël se venge (frustration, haine) en massacrant les Libanais et en ravageant Beyrouth. C’est pathétique.
  • 24 heures après, le cessez-le-feu est quantique (frappes ici ou là, Koweït, etc.)
  • 24 heures après, la liste iranienne en 10 points est quantique (l’administration US dit que ce qu’elle aurait accepté est une autre liste avec 10 points !)
  • 24 heures après, le détroit d’Ormuz est quantique (Trump a accepté le péage, il voulait même croquer façon joint venture, mais en fait non, car péage n’est pas “ouvert totalement“, et en même temps Trump a publié in extenso le message du ministère iranien des affaires étrangères qui stipule clairement que le passage d’Ormuz est “possible en coordination avec les forces armées iraniennes” ). Quelques navires sont passés (avec des Bitcoins), et puis non, et puis oui, et puis on ne sait plus.
  • 24 heures après, Vance est quantique (il souffle le chaud et le froid avec de nouvelles menaces)
  • 24 heures après, Trump est quantique (il veut la paix, un “âge d’or” pour le Moyen-Orient mais continue d’insulter l’Otan qui a osé ne pas venir à son aide dont il n’avait pas besoin, et recommence son délire au sujet du Groenland !).

Bref, tout est quantique… mais surtout chaotique et mensonger.

Que les choses soient claires : d’un point de vue opérationnel, les Etats-Unis et Israël n’avaient certainement pas besoin d’une pause tactique de 15 jours (il ne faut pas 2 semaines pour transporter des munitions par pont aérien, du carburant, effectuer des vols de reconnaissance, évaluer les dégâts chez l’ennemi, lister de nouvelles cibles, etc.).

Mais si d’un autre côté, ils ne sont pas sincères… alors à quoi peut bien servir ce satané cessez-le-feu foireux ?

De la communication. La gestion de la narration : sauver le soldat Trump de son propre piège.

Et ça marche assez bien ! On ne parle plus de son hallucinant “a whole civilization will die tonight” et de ses ultimatum crétins sans cesse repoussés. On les a déjà oubliés.

Les Américains seraient alors en position de jouer les pleureuses (les Iraniens ne sont pas sincères, ils veulent la guerre, ils sont méchants, ils ont menti, ils ont rompu le cessez-le-feu, etc.).

D’une position franche d’agresseurs, ils pourraient remodeler la perception du réel et apparaître comme des agressés.

Les négociations commenceront demain vendredi à Islamad. On devrait donc y voir plus clair.

Un point positif : Trump renvoie certes son équipe de bras cassés (son gendre neuneu et son pote new yorkais, promoteur immobilier) mais avec le vice-président Vance en plus, pour diriger l’ensemble.

C’est un saut qualitatif comme on dit… 😉