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Pognon

Fin de la 666ème guerre mondiale : victoire du pognon

Pschiiit ? Ou prout ?

Cessez-le-feu de deux semaines annoncé par Trump, une heure avant l’expiration de son ultimatum insensé.

Confirmé dans la foulée par l’Iran. En échange de l’ouverture du détroit d’Ormuz, mais “en coordination avec les forces armées iraniennes” (ce point est crucial et signe bien entendu la défaite américaine).

Israël accepte aussi le cessez-le-feu (grosse déprime à Tel Aviv). Le Liban ne semble pas être inclus dans le deal… Mais hélas, personne ne se soucie de la tragédie libanaise.

The spice must flow.

Gog et Magog sont Gros-Jean comme devant ! Too bad. 😉

Le “pognon” a fini par l’emporter. J’ai eu finalement raison sur ce point.

Trump a littéralement éclaté en vol (“Une civilisation entière va mourir ce soir“). Impossible de recoller les morceaux. Il ne s’en remettra pas. Ne l’appelez pas Trinita mais plutôt Taco.

Les Etats-Unis sont tricards for ever. Il s’agit bien de la fin de l’imperium américain.

Israël est sérieusement secoué et rendu secondaire, inutile (ils continueront sans doute à taper sur des cibles molles : Palestinens, Libanais, Syriens de temps en temps, pour le fun et pour la joie de la gâchette). Todd avait raison une fois de plus. La secte de Tel Aviv, à force de tourner sur elle-même, devient grotesque, obscène.

L’Europe est totalement sortie de l’histoire. Victime impuissante au carré (Russie, Iran). C’est terminé, il n’y a plus aucun doute.

L’Iran en a pris plein la gueule, certes, mais ils se relèveront et vite (population de 90 millions, avec l’assistance des Chinois et la rente des hydrocarbures, une équation gagnante).

Et bien entendu, la production de missiles et de drones sera multipliée par un facteur proche du gazillon !

Le régime sort consolidé, démonstration de son pouvoir absolu (le détroit d’Ormuz) et de ses formidables capacités offensives (missiles et drones).

Un seul point noir : défenses antiaériennes à revoir complètement (la Chine se fera un plaisir de participer à l’effort).

Bref : c’est un champ de ruines pour l’Occident.

On sera rapidement fixés quant à la réalité de ces négociations (qui se dérouleront à Islamabad, au Pakistan).

Au-delà : Pékin est -une fois de plus- le véritable vainqueur.

Assister au suicide fanatique, intérieur et extérieur, de son ennemi, c’est pain béni pour l’empire du Milieu.

Un véritable miracle géopolitique (après celui de l’Ukraine).

Quelle ironie ! La Chine est désormais plus “trumpiste” que Trump… car elle n’en finit pas de “winner”. 😉

POST-SCRIPTUM

On ne peut exclure l’échec de ces négociations et la reprise des hostilités… Mais cela ne changerait RIEN au bilan d’ensemble.

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Vrac

Jeu iranien : mat par Bab el-Mandeb

Comment dit-on “échec et mat” en farsi ? Ca tombe bien, ce sont les Perses qui ont inventé l’expression !

Voici le récit officiel de la guerre au Moyen-Orient :

  • les Américains sont très intelligents, ils jouent aux échecs en 5D et ils sont les plus forts de la galaxie
  • les Iraniens sont des barbus avec des QI de lézard, qui vivent dans des caves (sans électricité, ni eau courante)

Or depuis le 28 février, nous voyons exactement le contraire.

Passons sur les escalades, à chaque fois mesurées, pratiquées par l’Iran, toujours en réponse aux actions et provocations israélo-américaines.

A mon sens, la preuve de l’intelligence iranienne se matérialise dans le détroit de Bab el-Mandeb contrôlé par les Houthis (leurs alliés).

Ces gens ont tenu la dragée haute aux Américains en perturbant la navigation commerciale (avec missiles et drones).

C’est extravagant, mais nous avons déjà oublié ! Ils ont commencé fin 2023 (en réponse à l’offensive israélienne à Gaza). Ils sont montés en puissance. De mars à mai 2025 Trump a même ordonné des bombardements massifs.

Puis il déclara victoire. Et un cessez le feu fut conclu. Et le sujet quitta nos écrans.

En réalité, les Houthis sont toujours là et ils possèdent toujours des missiles et des drones.

Rappelons que ces gens sont des guerriers, littéralement indestructibles. Guerre épouvantable au Yémen depuis des années menée par l’Arabie Saoudite… Impossible d’en venir à bout.

Un Yéménite c’est une mauvaise herbe, vivace, armée d’un fusil. Un truc qui vous mord le mollet et que vous ne pouvez pas supprimer.

Dans les années 60, les Yéménites bottèrent les fesses des Britanniques, les poussant à fuir et à abandonner leur protectorat.

La question brûle donc nos neurones : pourquoi n’ont-ils toujours pas bloqué le détroit de Bab el-Mandeb ?

Réponse : ils attendent, l’arme au pied. Et surtout l’ordre de Téhéran.

Inutile d’avoir fait Polytechnique option Couture pour comprendre que si Ormuz et Bab el-Mandeb sont bloqués en même temps, alors c’est la fin du monde. Grosso modo. 😉

L’expression est galvaudée, certes, mais pourtant pertinente dans ce cas de figure.

Ormuz = 20 millions de barils de pétrole par jour. Bab el-Mandeb = 8,6 millions (chiffres 2023) pour une consommation mondiale totale de 100 millions, dont 60 millions qui transitent par la mer.

L’Iran conserve donc cette carte par-devers lui, comme formidable dissuasion.

Si les Etats-Unis franchissent certaines lignes rouges (logiquement invasion du territoire national), les Houthis rentreront en action.

Oublions les scénarios hollywoodiens. Il faut en réalité TRES PEU DE CHOSES pour interrompre les flux. Quelques petits drones sur un ou deux tankers… tous les autres navires renonceraient à franchir le détroit.

Le jeu est limpide. Les Iraniens possèdent encore de véritables atouts. Et ils n’hésiteront pas à les utiliser, comme ils l’ont démontré depuis le 28 février.

Tout repose donc dans le camp israélo-américain. Difficile d’imaginer Tel Aviv agir seul, tant les enjeux sont globaux et colossaux. Ergo : projecteurs sur les Etats-Unis.

Et les Etats-Unis, c’est Donald Trump.

Voilà le danger.

Car le président américain est piégé. Il perd ses nerfs, lance des insultes, multiplie les menaces et les ultimatums farfelus.

Pour sortir du piège, il faut que l’Iran capitule. Et si l’Iran ne capitule pas, alors il faut anéantir le pays… pour obtenir sa capitulation.

Le cerveau de Trump est aujourd’hui littéralement un ruban de Möbius !

Alternative ? Déclarer la victoire durant un joli discours à la télé et se retirer sur la pointe des pieds.

C’était possible quelques jours après l’échec de la “frappe de décapitation”, le 28 février. Les Etats-Unis auraient pu déguiser leur défaite, la faire oublier. Cela aurait dû être le plan (si ces gens avaient été intelligents).

Aujourd’hui ? Gros doute.

Laisser l’Iran en position victorieuse avec le contrôle d’Ormuz (dont l’extraordinaire pouvoir est démontré physiquement depuis 1 mois) signerait la fin de l’impérium américain.

Pire encore : un Iran victorieux et étroitement associé à la Russie mais surtout la Chine… fatale double peine géopolitique.

Voilà pourquoi, les Américains perdent la raison, littéralement.

Il faudrait des trésors d’intelligence et de doigté diplomatique (ainsi qu’une opération de propagande d’ampleur mondiale) pour sortir de ce piège avec une solution négociée et retourner à la maison, panser ses plaies.

Echec et mat.

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Saloperie et sida mental

Veni, vidi, pas vici

“Most”, “ever”, “strongest”, “history”, “never seen before” : Trump l’empereur des superlatifs et des répétitions

Un discours pour rien ! Trump a suivi à la lettre le script qui avait été habilement fuité les jours précédents.

Et c’est cela le plus troublant.

Il ne fait que répéter, de façon obsessionnelle, hallucinée, les éléments de langage déjà martelés depuis des semaines :

  • Iran diabolique, régime terroriste, menaces nucléaires, sinistre menace, intolérable menace, horrible menace
  • nous les avons décapités, décimés, détruits militairement et économiquement, anéantis, oblitérés,  annihilés, “renvoyés à l’âge de pierre
  • ils ne représentent plus une menace
  • détroit d’Ormuz : à ceux qui l’utilisent de le reprendre
  • nous n’avons pas besoin de pétrole, nous produisons plus que l’Arabie Saoudite et la Russie combinées
  • nous avons gagné comme jamais dans l’histoire
  • nous sommes les plus forts comme jamais dans l’histoire
  • notre armée est la plus puissante de l’histoire, personne ne peut nous arrêter
  • la guerre est bientôt finie, très bientôt, les objectifs bientôt tous atteints, nous allons les frapper extrêmement durement dans les 2 à 3 prochaines semaines, nous les renverrons à l'”âge de pierre, leur place” (!!) (“stone age, where they belong”)
  • si l’Iran ne fait pas un deal alors nous détruirons leurs usines électriques durement et simultanément ainsi que leurs infrastructures pétrolières
  • nous avons toutes les cartes en mains, ils n’en ont aucune
  • quand tout sera fini les États-Unis seront plus sûrs, plus forts, plus prospères et plus grands qu’ils ne l’ont jamais été.

Ces répétitions ont également été répétées à de multiples reprises durant son discours, transformant l’ensemble en un mantra.

L’emploi de multiples superlatifs “ever … before“… “most“… “never seen” constitue même une répétition dans la répétition de la répétition. Là, ce n’est même plus un mantra, mais une hallucination.

Bref, Trump a fait du Trump au cube.

Enfin notons qu’il remet sur la table les menaces de ses multiples ultimatums (destructions centrales électriques et sites pétroliers) alors que les Etats-Unis ont déjà tout gagné, tout détruit.

Donc, ABSOLUMENT RIEN DE NEUF.

Les contradictions sont toujours là, au coeur de son discours et de ses actions : on a gagné mais il faut faire un deal, nous n’avons pas besoin du détroit mais il faut l’ouvrir, etc.

Voilà le plus troublant.

Nous espérions une fin en mode “mission accomplie” : objectivement, il n’en est rien.

Même le “bientôt” et les “2 à 3 semaines” commencent à devenir sinistres à force d’être répétés… dans le temps !

La menace de l’escalade est toujours là, rampante.

Pire encore, l’empoisonnement économique d’une bonne partie du monde va se poursuivre et s’aggraver durant le mois d’avril (situation bientôt critique sur le diesel, le kérosène, etc.)

POST-SCRIPTUM

Retranscription du discours : https://apnews.com/article/donald-trump-transcript-address-iran-war-b5970011fe934dde84d95d650bda56a9

Vous devez le lire pour prendre la mesure de la dérive de la parole trumpienne (la manière dont il s’exprime).

Et cela vous permettra de compter les répétitions, la preuve clinique de cette dérive. 😉

Parallèlement, je vous invite à lire la lettre ouverte aux Américains publiée le même jour par le président iranien, Pezeshkian.

A côté de la bouillie hallucinée du président américain, c’est un monument de clarté et de mesure !

Et cela permet surtout de mettre en perspective la position iranienne (et ce qui la justifie).