
J’ai écrit le 10 mars que la 666ème guerre mondiale était déjà terminée.
Après les événements du 18 mars (attaque israélienne sur les infrastructures gazières iraniennes, puis la violente réplique de Téhéran contre le Qatar) j’admets que l’on pourrait douter.
Après tout, “totaler krieg“, ça se traduit très bien en hébreu et en anglais. 😉
Pourtant, je continue de penser que cette guerre -perdue pour l’empire de l’Ouest- prendra rapidement fin.
Comment ? Retour sur l’homme-clé : Donald Trump.
Le président américain est le seul, grâce à son culot monumental et son à art du spectacle, qui pourrait déclarer la “victoire” et remballer le matériel alors même qu’il est dans la mouise jusqu’à la taille et que le dieu Mars lui fait des misères.
Cela paraît énorme ?
Pas plus que le même Donald Trump donnant son feu vert le samedi 28 février à l’offensive contre l’Iran, avec un plan ubuesquement foireux.
Trump réfléchit et agit… rapidement. Sa plasticité intellectuelle est parfois un handicap, parfois un atout.
Et il n’a aucune gêne à appliquer l’un et l’autre, alternativement.
Pas de malentendu. Ici, il ne s’agit pas de sauver les meubles stratégiques. Dans ce domaine, c’est cuit. Le bouleversement géopolitique est profond et s’inscrit dans la continuité de la chute de l’empire de l’Ouest et surtout dans son inévitabilité.
Ukraine 2022 – Iran 2026.
La séquence comme on dit sur BFM et dans les colonnes du Monde est parfaite.
C’est bien elle qui figurera dans les livres d’histoire comme la marque du début de la fin. Ou la fin du début.
Emmanuel Todd avait -quasiment- tout écrit dès 2023 (son livre la Défaite de l’Occident, paru en janvier 2024). Il faudra lui donner crédit et lui rendre hommage.
Et quand on se place dans ce cadre, on comprend que le coup de poker américain était parfaitement rationnel : ils ont tenté de se refaire (face à la défaite contre la Russie et l’émergence du nouvel empire du Milieu).
L’échec retentissant du plan, a posteriori, ne doit pas gommer la rationnalité derrière. Les délires de certains à Tel Aviv ne sont rien à côté des enjeux et de la place géostratégique particulière de l’Iran (rien de neuf depuis des décennies, CF le coup d’état de 1953, le pétro-dollar, la guerre à bas bruit depuis 1979, etc.).
Non, il s’agit de couper ses pertes, tel un joueur de poker dans un casino (construit par Trump) et de claironner une victoire “comme le monde n’en a jamais connu” (copyright).
Et ceci, Trump est très capable de le faire (a contrario de nombreux autres décideurs).
Quid des modalités pratiques ? Un cessez-le-feu. Il n’y aura rien d’autre (à part quelque “conférence sur la paix régionale” qui débouchera sur du vent).
L’Iran n’obtiendra rien d’autre -de concret- de la part des Etats-Unis.
Ce cessez-le-feu sera bien entendu la victoire par K-O du régime iranien. Et on continuera de faire semblant de croire en la puissance américaine, en réalité éreintée et en déclin permanent.
Et l’Histoire poursuivra son cours (sans nous).
POST-SCRIPTUM
L’alternative à ce scénario ? Elle n’existe pas (sauf dans le domaine du fantasme).
L’Occident ne peut plus encaisser une “guerre totale”.
Notre résistance à la douleur approche le zéro absolu.
Nous sommes hystériques, vieux, perclus de pathologies (physiques et mentales), et remplacés -ethniquement et culturellement parlant.
On ne fait pas une guerre totale avec un tel matériel humain, dégradé, divisé, incohérent.



