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Saloperie et sida mental

Vice américain : démonstration via l’Afghanistan

Machiavel ? Un aimable artisan à côté de l’état profond américain.

Je signale un très bon papier de Brian Berletic qui avait déjà commis des analyses pertinentes au sujet de l’Iran.

Lien : https://journal-neo.su/2026/05/11/afghanistan-americas-other-ongoing-proxy-war/

(traduction français disponible ici)

Cette fois, Berletic nous rappelle une autre guerre sale menée par les Etats-Unis… via l’Afghanistan.

Je sais, ce pays évoque un infâme trou culier du monde. Et il y a des raisons objectives à cela. Mais comme d’habitude, la géographie éclaire le terrain si j’ose dire et surtout les enjeux .

Ce pays médiéval partage des frontière avec :

  • le Pakistan (est / sud, la frontière la plus longue, 2 430 km)
  • l’Iran (ouest)
  • le Turkménistan (nord-ouest)
  • l’Ouzbékistan (nord)
  • le Tadjikistan

Et ?

La Chine ! 80 km à peine.

Quelle coïncidence ! 😉

Bref, un noeud gordien et donc une pétaudière.

Voici un résumé de l’histoire récente du pays.

  • 1973 : fin de la monarchie. Instabilité. Les communistes s’imposent (1978).
  • 1979 : la méchante URSS (copyright) envahit l’Afghanistan, officiellement pour soutenir le régime communiste.
  • Les gentils Américains (trademark) arment les “combattants de la liberté“. C’est l’époque des moudjahidines sympatoches avec leur chapeau plat rigolo.
  • Les Soviétiques subissent leur Vietnam, tarif syndical (on parle de 15 000 à 25 000 morts) et se retirent en 1988, la queue (et tout le reste) entre les jambes.
  • 1989-1996 : Guerre civile. Les Talibans, des religieux aussi stricts que secs, finissent par s’imposer. Le calme revient.
  • 2001 : sur un prétexte totalement farfelu (le super méchant Ben Laden, utilisé à l’époque contre les Soviétiques par les Saoudiens, et donc la CIA, se cache dans une cave après avoir fait péter des immeubles avec des avions), les Etats-Unis bombardent, puis envahissent le pays. Etrangement, la culture du pavot et donc la production d’héroïne durement combattue par les Talibans, repart de plus belle. Simple coïncidence.
  • 30 août 2021 : les Etats-Unis sont défait, humiliés et achèvent leur retrait dans une panique grossière (Biden le Zombie). Les Talibans se réinstallent au pouvoir. C’est ballot.

Fini ?

Le désordre continue.

La Chine a proposé ses services pour reconstruire le pays qui  regorge de ressources minérales… Kaboul pourrait ainsi payer. Cette collaboration économique pourrait enfin développer l’Afghanistan, élever le niveau de vie de ses populations, peut-être même les sortir du moyen-âge.

Un fantasme.

Car rien n’y fait.

De mystérieux groupes du “Balouchistan” s’obstinent à attaquer les intérêts chinois (attentats, plusieurs morts).

Vous l’aurez compris : ces groupes sont financés et armés par la CIA.

Taliban ultra-libéral, déconstruit et légèrement woke. Formé sur les rives du Potomac (Langley, Virginie)

On peut donc reformuler : depuis plus de 4 décennies… l’Afghanistan est en guerre. Et l’Oncle Sam est responsable (en grande partie).

En 1979, il s’agissait de déstabiliser l’ennemi soviétique et lui rendre la monnaie de sa pièce vietnamienne.

Aujourd’hui, la nouvelle cible ne fait aucun doute : la Chine.

Entre ces deux dates (1979 / 2026)… Washington a vu défiler plusieurs “présidents”, plusieurs “administrations” et pourtant les constantes impériales demeurent :

  • diviser pour mieux régner
  • harceler en permanence les ennemis, y compris de manière violente (toutes les nuances de la guerre)
  • avec le mépris le plus total pour les pertes et les souffrances civiles

Iran, Irak, Syrie, Liban, Lybie, Afghanistan, Yémen… les cibles changent au fil des décennies, mais la géopolitique impériale demeure. Immuable.

Bombardements, destruction, assassinats, crimes de guerre, désordres, instabilité, sanctions économiques, blocus… la recette se perpétue.

Le motto ? “Rien à foutre“, ou si vous préférez en version originale “Fuck you“. Et la version plus polie ? La fin justifie tous les moyens.

Quand j’étais jeune, j’ai bien entendu cru à l'”Empire du Mal” soviétique (la formule de Ronald Reagan, en 1983).

J’ai toujours éprouvé une haine viscérale pour les systèmes socialistes/communistes.

J’étais donc forcément emballé par les “combattants de la liberté” afghans.

Je suis tombé dans le panneau du récit hollywoodien… incarné par un formidable film (et des acteurs aux petits oignons) : Charlie Wilson’s War (l’histoire du député US qui parvint à augmenter le budget d’aide militaire pour les Afghans, c’est aussi l’homme des missiles Stinger qui ont achevé la domination des hélicos soviétiques).

Aujourd’hui, j’ai fait mon aggiornamento. Je dois admettre que les anglo-Américains sont les plus grands fouteurs de merde depuis 1945.

L’histoire une fois de plus nous sert de loupe grossissante ; nous avons affaire à une véritable tradition du vice.

Durant leur hégémonie impériale, les Anglais étaient des experts du diviser pour mieux régner (songez à colonisation de l’Inde !) Idem au Moyen-Orient (Syrie, Egypte par exemple). Ils surent toujours exploiter les haines religieuses locales (Inde et création du Pakistan en 1947, sans oublier… Israël of course). Et ils savaient aussi être ultra-violents et sacrément vicelards (guerre des Boers en Afrique du Sud).

Après la seconde guerre mondiale et la fin de l’empire britannique, les Etats-Unis ont simplement repris le flambeau en tant qu’empire de l’Ouest…

Et à mon avis, ils ont industrialisé le vice.

A cette aune, vous voyez bien que Trump ou pas Trump, Biden, Clinton, Bush fils ou père, la Fée Clochette, voire le Père Noël… cela n’a aucune importance.

L’Empire de l’Ouest transcende sa propre propagande.

L’une de ses forces -devenue maintenant une faiblesse- est précisément son côté kaléidoscopique. De nombreux groupes et sous-groupes (des “écuries”) se tirent la bourre.

Les divisions internes, les fractures mêmes, existent. Et elles sont fortes (trop et provoquent ainsi le déclin, mais ceci est un autre sujet).

Mais il ne faut pas oublier qu’à l’extérieur… l’empire de l’Ouest applique TOUJOURS LA MEME POLITIQUE : maintenir son hégémonie.

A tout prix.

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Trump : réfutation de la théorie “bye bye bing bing gone !”

Hier avant de s’envoler pour Pékin, Trump a posté ces 2 messages.

Puis, en vol, ces 2 autres messages :

(le Vénézuéla devenant… le 51ème état des Etats-Unis !)

Voilà.

Je sais ce que vous pensez : le type a complètement fondu les câbles, le micro-processeur, la mémoire, la carte-mère, la carte graphique, etc. Toute la quincaillerie de l’équilibre physique et mental.

Le 47ème président des Etats-Unis d’Amérique peuplés de 342 millions de personnes est devenu COMPLETEMENT DINGUE.

Forcément. 😉

Pour le plaisir du contrepied mais également par lucidité, je réfute cette idée.

-Trump rejoue exactement la “Madman theory“, inaugurée par Richard Nixon (grand président, très intelligent et retors). Dans les négociations internationales, il faut apparaître dingue, donc imprévisible et donc dangereux.

-l’idée d’un président-roi est un anachronisme imbécile. C’est une forme de madeleine de Proust politique… Un mythe à l’ère des superpuissances nucléaires, de la modernité.

-c’est facile à prouver : durant les 4 années de son 1er mandat, le MEME PRESIDENT fut… en permanence trahi, circonscrit, harcelé, violenté (y compris par les membres de “son” cabinet, de “son” administration, par “ses” hauts fonctionnaires etc.). C’est factuel.

Comment prétendre qu’en 2026 le système politique américain aurait changé ? Absurde.

-le président, seul au sommet, le doigt sur le bouton rouge nucléaire est une image hollywoodienne, soigneusement entretenue. Le président est, au sens propre, un comédien. Et Trump ajoute bien sûr sa propre personnalité (égomaniaque, grossière, etc.).

Il joue à la perfection son rôle.

Le vrai pouvoir est derrière : la vaste machinerie étatique.

-“L’état c’est moi” est une réminiscence. Un piège pour enfants, mentalement un peu déficients.

Bref, la “folie” de Trump, président seul aux commandes, est un motif géopolitique désormais évident. C’est malin car le système produit ainsi sa propre “plausible deniability“.

Dans deux ans, Trump quittera la Maison Blanche. Il sera peut-être même impeached.

On dira alors : “Il était vraiment cinglé“. Certains ajouteront même, la bouche en cul de poule et la mine contrite : “pardon, désolé“.

Alors qu’il fait le boulot, à la perfection, pour le compte de l’état impérial américain.

Un bémol : les ennemis comprennent bien entendu la martingale… La Russie (sans sa chair) avec l’agression américaine stupéfiante de cynisme depuis 2022… Sans oublier l’Iran (qui en a pris aussi plein la gueule).

Cette ultraviolence américaine -elle- n’a rien de virtuel. Il ne s’agit pas d’un spectacle. Mais il faut la sertir dans un spectacle (une constante Outre-Atlantique).

Quant à la Chine, des millénaires d’intrigues de cour et le céleste empire… les types sont bien entendu blindés contre les pitreries américaines.

De fait, le show américain est destiné à une consommation interne ainsi que chez les alliés et autres affidés.

Des crétins (Macron et tous ses amis) qui au fond sont rassurés de croire à la folie de Trump.

Cela gomme leur propre veulerie et surtout, leur propre stupidité.

Cela les rassure.

Pour pas cher.

POST SCRIPTUM

Avec une telle grille de lecture, tout devient limpide.

Le président Trump passe son temps à insulter les Iraniens et à saboter le dialogue… De fait, il rend impossible toute négociation.

Ce n’est pas un bug. Mais une fonction.

L’état américain ne veut pas négocier avec l’Iran (quelle idée !).

Il veut affaiblir l’Iran, le harceler, lui faire la guerre permanente… comme il le fait depuis 1979 (voire même avant, on peut remonter à 1953).

 

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Trump brûle les planches : “No more Mister Nice Guy”

Au début, on pense à une farce.

Et puis, non, c’est réel. Il s’agit bien d’un message au sujet de l’Iran envoyé par le 47ème président des Etats-Unis.

Avec cette illustration.

https://truthsocial.com/@realDonaldTrump/posts/116486959174837748

Alors, le mot “délire” surgit.

Le rythme cardiaque s’emballe. La sueur perle.

Et on pense : “Oh bon Dieu, on est mal barrés“. 😉

C’est fait pour. Nous sommes en plein dans la théorie du “Madman” inaugurée sous Nixon (un président très intelligent et sévèrement burné, lui aussi).

Trump est un artiste, au sens premier. Un show man. Il occupe le devant de la scène. Il est le premier rôle. Il incarne le “best actor in a leading role” (comme aux Oscars).

De fait : c’est un front man. Il masque les coulisses.

Et c’est là où l’empire de l’Ouest, saisi de vertige devant son propre déclin et le développement à marche forcée de la Chine… parvient encore à nous étonner.

Si le plan iranien foire, on accusera la folie de Trump. Et de toutes les façons en janvier 2029 il quittera la Maison Blanche…

Il sera remplacé.

Par un autre président. Par un autre acteur.

On peut le critiquer mais un tel système est génial. Les acteurs se suivent, à chaque fois la pièce est censée changer, mais derrière les auteurs et le metteur en scène demeurent.

La seule nouveauté avec Trump, c’est le cynisme. L’empire de l’Ouest ne prend même plus la peine de cacher ses intentions (une constante historique pourtant grâce à sa maîtrise de la propagande).

Il vous met Trump devant le nez et Trump crache la vérité.

Il joue la comédie… mais sans jouer.

La politique américaine est aussi limpide qu’adamantine : oui, ils veulent niquer l’Iran pour niquer la Chine, excuse my french. Et si la planète doit sombrer durant ce processus, pas de soucis, cela fera tomber la Chine de l’échelle.

Plus de faux semblants. Plus de plans compliqués, byzantins : on fonce à découvert et allez tous vous faire voir.

Avouez-le, seul Trump pouvait incarner un tel rôle.

Lénine parlait de l’impérialisme comme le “stade suprême du capitalisme“. Là, nous avons le stade suprême du stade suprême de l’impérialisme c’est-à-dire le cynisme via la vérité.

Il y a là une étonnante mise en abyme.