
Tout se précipite.
-les Etats-Unis ont bombardé l’île iranienne de Kharg. Trump s’en vante dans un message rageur
-Ils déploient un contingent de 5 000 marines (groupe amphibie USS Tripoli, port d’attache au Japon)
Ce bombardement est un développement majeur. L’île avait été soigneusement épargnée jusqu’à présent.
Ce point est d’ailleurs essentiel : à part quelques attaques sur des dépôts pétroliers, des raffineries… les belligérants n’ont JAMAIS tenté de détruire TOTALEMENT les grosses infrastructures pétrolières et gazières dans la région. Coups retenus.
Du côté iranien : si le pays peut frapper à loisir les bases US dans le golfe Persique et les villes israéliennes… il est évident qu’il pourrait annihiler Ras Laffan au Qatar par exemple (plus gros exportateur mondial de gaz naturel liquéfié). Le GNL ne fait généralement pas bon ménage avec des explosifs…
Et du côté israélo-américain, la cible est toute désignée, clignotant de mille feux : l’île de Kharg, les “joyaux de la couronne” comme le rappelle Trump lui-même dans son message. L’île, située à 25 km des côtes, assure 90 % des exportations iraniennes de brut (1,5 à 2 millions de barils par jour).
Cet équilibre de la terreur est aujourd’hui mis à mal.
Trump pose publiquement les bases de l’escalade : l’armée US a détruit SEULEMENT les équipements militaires sur Kharg.
Si le détroit d’Ormuz n’est pas rouvert alors il reconsidérera sa décision de ne pas frapper les installations pétrolières.
Il s’agit donc d’un ultimatum.
Problème : c’est du bluff.
D’abord dans la forme. Trump décrit dans son message “one of the most powerful bombing raids in the History of the Middle East“. C’est complètement absurde. Il n’y a pas tant que cela d’équipements militaires sur l’île (les photos le prouvent).
En outre, le bluff est évident quand on fait le lien avec le contingent de 5 000 marines.
Le plan américain (ou présenté comme tel) se révèle comme un enfant ouvrant ses cadeaux devant un sapin de noël : ils veulent SAISIR l’île ou en tout cas le faire croire.
Tout le monde comprend que 5 000 marines ce n’est pas pour rejouer le 6 juin 1944 en Iran. Mais sur l’île (20 km2), pourquoi pas ?
Quant à détruire les infrastructures pétrolières… le monde aurait du mal à se passer de 1,5 à 2 millions de barils par jour.
L’Iran pourrait en outre détruire ses propres installations (en cas de débarquement) et celles du Qatar ou de l’Arabie Saoudite (pour se venger).
On reformule : si Kharg saute alors le monde saute (grosso modo).
Le cliquet est donc très dangereux. La balle est désormais dans le camp iranien.
-l’Iran DOIT répliquer à l’attaque américaine contre son île car ses INTERETS VITAUX sont en jeu. Trump cherche-t-il pousser l’Iran à commettre le pas de trop ? Ou une fois de plus, croit-il en son propre hubris ?
-ensuite, si les Marines tentent réellement de débarquer sur l’île, alors l’Iran pourrait massacrer le contingent en détruisant ses propres installations, ou des installations similaires dans le golfe persique. Double prix… bien trop élevé pour Trump.
Le piège est donc tendu :
-ne pas réagir : défaite psychologique importante (intérêts vitaux foulés aux pieds). Cette non réaction pouvant mener à une autre défaite, stratégique et économique cette fois : la perte de l’île (via débarquement/occupation ou destruction).
-réagir : le saut dans le vide, dans l’inconnu
Alors coup de bluff ou escalade fatale ?

3 replies on “Ile de Kharg : engrenage fatal ou bluff ultime ?”
Belle victoire iranienne hier. Ils ont endommagé 5 avions ravitailleurs américains sur la base US de Prince Sultan en Arabie Saoudite (au total il y aurait une centaine de ces stations services volantes au Moyen-Orient).
https://www.reuters.com/world/five-us-air-force-refueling-planes-hit-iranian-strike-saudi-arabia-wsj-reports-2026-03-13/
Emmanuel Todd revient du Japon. Nouvelle interview au sujet de la guerre au Moyen-Orient.
https://youtu.be/YzCtGjCoxOw
Il a des mots très DURS contre Israël.
“Fondamentalement, Israël est une expérience ratée”.
“La partie utile d’Israël, en enlevant le désert, c’est grand comme la Dordogne”.
“L’histoire juive est trop grande pour Israël”.
“Pour les Israéliens eux-mêmes, leur histoire n’a plus de sens”.
“La menace fondamentale pour l’état d’Israël vient du peuple d’Israël lui-même”
“Israël n’a plus de sens”
“Il y a une menace nucléaire quelque part dans le monde c’est l’arme nucléaire israélienne… pas dans une optique rationnelle, mais suicidaire”
“En disant cela, je fais mon devoir”
Bref, ça klaxonne. Todd est très pessimiste. Il parle d’entrée dans un “monde proto-hitlérien“.
Je n’ai de cesse de le répéter : la vraie guerre se déroule aux Etats-Unis. Et c’est une guerre civile.
Ainsi, le juge gauchiste fanatique, James Boasberg, qui bloque l’administration Trump sur des dizaines de dossiers, a encore frappé.
Il bloque la demande de convocation du patron de la FED, Jerome Powell, devant le Congrès américain !
C’est extravagant.
Il déclare, comme s’il était le patron suprême du pays, que cette convocation est un “prétexte“, violant ainsi les prérogatives du pouvoir législatif.
Voilà. Fuck you.
On rappelle que cette convocation s’inscrit dans le cadre d’une enquête du DOJ relative à la rénovation du siège de la FED.
Un scandale de corruption inouï… puisque les dépenses pour cette “rénovation”… atteignent 2,5 MILLIARDS DE DOLLARS pour un budget initial de 700 millions. 😉
Mais voilà, le juge rouge bloque.
Sa politique (et celle de ses complices) est simplissime : tout ce que fait Trump doit être bloqué, rejeté ou simplement ralenti (puisque l’état profond bureaucratique sait pertinemment que Trump va sauter, il suffit de jouer la montre).
Trump est en train de détruire sa présidence (et les Etats-Unis) sur des opérations extérieurs absurdes… alors que le pays se consumme de l’intérieur.
C’est impardonnable.
https://www.zerohedge.com/political/president-boasberg-protects-powell-quashes-doj-pressure-campaign-subpoena-over-fed