
Un discours pour rien ! Trump a suivi à la lettre le script qui avait été habilement fuité les jours précédents.
Et c’est cela le plus troublant.
Il ne fait que répéter, de façon obsessionnelle, hallucinée, les éléments de langage déjà martelés depuis des semaines :
- Iran diabolique, régime terroriste, menaces nucléaires
- nous les avons décapités, décimés, détruits militairement et économiquement, anéantis, oblitérés, “renvoyés à l’âge de pierre“
- ils ne représentent plus une menace
- détroit d’Ormuz : à ceux qui l’utilisent de le reprendre
- nous n’avons pas besoin de pétrole, nous produisons plus que l’Arabie Saoudite et la Russie combinées
- nous avons gagné comme jamais dans l’histoire
- nous sommes les plus forts comme jamais dans l’histoire
- notre armée est la plus puissante de l’histoire, personne ne peut nous arrêter
- la guerre est bientôt finie, très bientôt, les objectifs bientôt tous atteints, nous allons les frapper extrêmement durement dans les 2 à 3 prochaines semaines, nous les renverrons à l'”âge de pierre, leur place” (!!!!!) (stone age, where they belong)
- si l’Iran ne fait pas un deal alors nous détruirons leurs usines électriques durement et simultanément ainsi que leurs infrastructures pétrolières
- nous avons toutes les cartes en mains, ils n’en ont aucune
- quand tout sera fini “les États-Unis seront plus sûrs, plus forts, plus prospères et plus grands qu’ils ne l’ont jamais été.“
Ces répétitions ont également été répétées à de multiples reprises durant son discours, transformant l’ensemble en un mantra.
L’emploi de multiples superlatifs “ever … before“… “most“… “never seen” constitue même une répétition dans la répétition de la répétition. Là, ce n’est même plus un mantra, mais une hallucination.
Bref, Trump a fait du Trump au cube.
Enfin notons qu’il remet sur la table les menaces de ses multiples ultimatums (destructions centrales électriques et sites pétroliers) alors que les Etats-Unis ont déjà tout gagné.
Donc, ABSOLUMENT RIEN DE NEUF.
Les contradictions sont toujours là, au coeur de son discours et de ses actions : on a gagné mais il faut faire un deal, nous n’avons pas besoin du détroit mais il faut l’ouvrir, etc.
Voilà le plus troublant.
Nous espérions une fin, en mode “mission accomplie” : objectivement, il n’en est rien.
Même le “bientôt” et les “2 à 3 semaines” commencent à devenir sinistres à force d’être répétés… dans le temps !
La menace de l’escalade est toujours là, rampante.
Pire encore, l’empoisonnement économique d’une bonne partie du monde va se poursuivre et s’aggraver durant le mois d’avril (situation bientôt critique sur le diesel, le kérosène, etc.)
POST-SCRIPTUM
La retranscription de son discours n’est pas encore disponible (j’ajouterai un lien). Vous devez absolument le lire pour prendre la mesure de la dérive de la parole trumpienne (la manière dont il s’exprime).
Et cela vous permettra de compter les répétitions, la preuve clinique de cette dérive. 😉
Parallèlement, je vous invite à lire la lettre ouverte aux Américains publiée le même jour par le président iranien, Pezeshkian.
A côté de la bouillie hallucinée du président américain, c’est un monument de clarté et de mesure !
Et cela permet surtout de mettre en perspective la position iranienne (et ce qui la justifie).
