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L’Iran a-t-il atteint la dissuasion du faible au fort sans l’arme nucléaire ?

 

Mieux que la bombe thermonucléaire, et contrairement aux apparences, voici l’arme ultime : un canon à propulsion neutrino-zobique, une technologie piquée aux aliens de Jupiton (ceux qui se sont crashés en 1947 quelque part au Nouveau Mexique. Ou près de Villetaneuse, on ne sait plus exactement).

Et si l’arme nucléaire et les proxies militaires comme le Hezbollah, le Hamas, les Houthis n’avaient finalement été que des pièges à cons ?

Ou de manière plus polie -et anglosaxone- des red herrings ? Des distractions ?

Pendant que l’Occident et Israël focalisaient leur attention sur ces menaces atomiques (réelles et fantasmées), Téhéran misait tout sur son programme de missiles balistiques, hypersoniques ainsi que les drones.

Un choix technique et politique (assez ancien) qui révèle aujourd’hui son intelligence, sa pertinence.

Juin 2025 : un affrontement bref mais violent oppose Israël, appuyé par les Etats-Unis, à l’Iran. La guerre des 12 jours. Que les choses soient claires : c’est une guerre d’agression. Israël attaque Téhéran par surprise. L’Iran alors réplique. Escalade. Puis cessez-le-feu.

La durée du conflit révèle l’essence du problème : 12 jours

Pour un régime aussi affaibli que l’Iran face à l’armada high-tech israélo-américaine et ses moyens colossaux… ça clignotte de partout sur le tableau électrique des bugs cognitifs.

Pris dans la tourmente du moment, hypnotisés par le fracas des images, nous n’avons pas mesuré l’ampleur de la bascule géopolitique qui s’opérait devant nos yeux.

Subitement, Israël a battu en retraite. Voilà pourquoi cette bataille fut aussi courte.

On a maquillé le tout -bien maladroitement- par l’aviation américaine bombardant une poignée de sites nucléaires, en une sorte de bouquet final, suivie par la proclamation victorieuse de Trump, dans la grande tradition des présidents américains (“mission accomplished“).

Les raisons de cette défaite ? Simplissimes. Son système de défense sol-air (“dôme de fer” et ses différentes composantes) fut transpercé.

Conséquence ? Des frappes iraniennes endommageant qui une précieuse raffinerie, qui des immeubles d’habitation, qui le siège d’institutions scientifiques, militaires, etc.

L’état juif fut renvoyé à sa fragilité structurelle : aucune profondeur stratégique, un territoire moins grand que la Bretagne, avec quelques centres urbains et une densité de population élevée.

Ce système de protection, invincible contre les roquettes faites maison du Hezbollah, du Hamas ou les quelques missiles arabes lourdauds (que l’on se souvienne des Scud irakiens) est devenu brutalement caduque.

Les forces américano-israéliennes peuvent toujours neutraliser les défenses anti-aériennes iraniennes et assurer l’obsessionnelle “maîtrise du ciel”. Toutefois, en seconde frappe, Téhéran reprend le dessus et peut infliger des dégâts insoutenables aux infrastructures civiles et militaires et aux populations israéliennes (sans oublier quelques grosses bases américaines dans la région).

D’une dissuasion totale, démiurgique incarnée par la bombe nucléaire, l’Iran a démontré qu’une autre dissuasion était possible. Ce processus fut-il imposé “par la force des choses”, par la chance ou par une intelligence très fine ? Sans doute un peu des trois.

Israël est obsédé depuis des décennies par la possibilité d’une bombe nucléaire iranienne. Idem pour les Etats-Unis (mais cette fois sous l’angle des ressources d’hydrocarbures).

Ils ont concentré tous leurs moyens pour cautériser une telle menace (sabotages, assassinats, pressions internationales, sanctions économiques, “terrorisme”, etc.).

Or aujourd’hui, des milliers de missiles balistiques et hypersoniques épaulés par des volées de drones… font le MEME TRAVAIL. Et bien plus encore.

Pire : alors qu’un tir nucléaire iranien contre Israël signerait automatiquement l’anéantissement de l’Iran (réplique israélienne et/ou américaine)… la dissuasion par saturation de missiles et de drones se révèle aussi asymétrique que gagnante.

Elle ne viole aucun traité, elle n’est pas aussi odieuse moralement que l’atome et assure le même résultat (sanctuarisation du territoire et du régime iraniens, et donc prévention des premières frappes).

Cerise sur le riz safrané, elle est même compatible avec les interdits religieux (fatwa de l’ayatollah Khamenei contre la bombe A).

L’Iran est grand comme trois fois la France, avec de nombreuses montagnes. Il lui suffit de disperser ses ressources sur le territoire.

Bref, c’est un coup de maître.

Et nous n’avons rien vu venir, rien compris… prisonniers de nos certitudes, de notre vision du monde totémique, voire eschatologique, de notre vieux sens de la rapine (pétrole) voire de nos pathologies mentales (Grand Israël, retour du Messie et toutes ses sottises paranoïaques, suprémacistes, archaïques).

Ajoutons nos limitations techniques au pot de la honte (car répétons-le, aucun pays occidental à ce jour ne dispose d’armements hypersoniques, c’est ahurissant !)

On notera que cette défaite stratégique s’est immédiatement traduite par la redéfinition des objectifs : le fameux “changement de régime” (de l’intérieur). Ou dit autrement : la “révolution colorée” (copyright trademark CIA).

Dernière preuve : le projet délirant de Trump de bombarder de nouveau l’Iran (en admettant qu’il ait été réel) stoppé à la dernière minute (si on en croit une fois de plus les gazettes).

Le Réel s’impose à nous : un fantasme en chasse un autre.

Bien entendu, nul régime n’est éternel. Le “Reich de 1000 ans” c’est bon pour les enfants psychotiques, les nazillons d’opérette ou autres illuminés religieux…

Oui, peut-être qu’un jour les Iraniens chasseront les mollahs.

Mais il n’en demeure pas moins que les Iraniens ont rempli cet objectif remarquable : la dissuasion du faible au fort.

A eux désormais d’utiliser de manière intelligente cette nouvelle réalité géopolitique.

Avec l’aide de la Chine, le pays pourrait se développer économiquement (un élément clé des Nouvelles routes de la soie)… ce qui constitue la dernière menace stratégique pesant sur son avenir.

(Je signale à ce sujet un excellent papier qui nous rappelle que l’effondrement/avilissement de la monnaie précède toutes les révolutions. Les vraies. L’histoire le démontre à répétition).

Les ayatollahs pourraient (devraient) même comprendre que la rhétorique d’annihilation d’Israël n’a aucun sens, qu’elle est non seulement archaïque mais aussi contreproductive. En un mot : imbécile.

La victoire géopolitique serait alors complète. Et la Perse pourrait enfin occuper le rang qui lui revient de droit et d’histoire : celui d’une puissance régionale qui compte, souveraine, que l’on n’est pas forcé d’aimer (que l’on peut même détester) mais qui doit être respectée.

Les Etats-Unis (avec Israël derrière) mènent une guerre très agressive et permanente contre l’Iran depuis 1979, après la fuite du Shah… Soit presque un demi-siècle au compteur ! Rien de moins.

Parallèlement, les mollahs furent également très agressifs (avec au début la volonté d’exporter la révolution islamique, les attentats, etc… puis l’organisation de proxies type Hezbollah et autres milices).

Cette aberration a pris fin en juin 2025 durant la guerre des 12 jours.

La modernité en ce 21ème siècle c’est le “chacun chez soi“. Chacun sa part de puissance, chacun sa part de gâteau… avec l’assurance de tout perdre si quelqu’un s’avise de remuer le petit doigt.

Oui, certains dirigeants sont des malades mentaux, indéniablement (et nous devrions d’abord regarder chez nous, lire plus bas). Non, ils n’ont pas tous les pouvoirs. Il y a autant d’Iraniens normaux que d’Israéliens normaux, en proportion.

Et personne ne veut mourir, bêtement, au nom de fantasme religieux ou d’idéologie absurde.

POST-SCRIPTUM

Les éternels pompom girls de la pensée industrielle sous cellophane me répondront en grimpant aux rideaux que vous n’y pensez pas mon bon monsieur, l’Iran veut exterminer Israël et tous les juifs, c’est trop horrible, nazis, Hitler, horreur, holocauste, apocalypse et qu’est-ce qu’on mange ce soir le frigo est vide.

Stop. Ca suffit.

Téhéran ne lancera pas une première frappe contre Israël, menaçant son existence, car alors Israël vitrifierait l’Iran (avec ses armes nucléaires, sans oublier celles des Etats-Unis).

POST-SCRIPTUM BIS

On nous répète sans arrêt que Poutine, Xi Jinping, Rocket Man et les ayatollahs sont au mieux demeurés, au pire, complètement cinglés.

Mais coco… “tu t’es vu quand t’as bu” ?

Voici le président d’une grande démocratie occidentale éclairée. Le camp du Bien. Il est marié avec sa maman et son ambition est d'”emmerder” ses concitoyens. Et il veut aussi faire la guerre contre la Russie. Parce qu’il le vaut bien (voir les perruques de sa maman).

Se persuader que l’on appartient au camp du Bien et que tous les autres incarnent le Mal est confortable. Forcément.

Mais nous avons perdu toute crédibilité. Commençons d’abord par faire le ménage dans nos rangs.

Expliquez-moi en quoi Macron ou Merz est moins dangereux qu’un président iranien, qu’un dirigeant russe ou chinois ? Ou que Keir Starmer est moins débile que Nicolas Maduro ?

Nous ne pouvons plus, de manière décente, continuer à donner des leçons au monde en nous drapant dans notre supériorité morale fantasmée.

Nous ne pouvons plus prétendre dicter aux Iraniens (et tous les autres) ce qu’ils doivent faire, ne pas faire, ni comment.

Voici la seule règle réellement universelle qui devrait prévaloir au niveau des états : si tu me cherches des noises, le coût de ma réaction sera intolérable pour toi, donc tiens toi à carreau, maîtrise tes pulsions et neutralise tes propres extrémistes.

Israël bénéficie d’une telle dissuasion grâce à son arsenal nucléaire. C’est incontestable. Que l’on continue à faire abstraction de cette réalité et à pleurnicher démontre notre hystérie et notre bêtise.

L’Iran semble aussi avoir atteint cette dissuasion, mais avec des moyens différents.

Résultat ? Un partout la balle au centre.

Mécaniquement, ce duopole, ce pas-de-deux entre Jérusalem et Téhéran réduit les risques sécuritaires dans la région.

9 replies on “L’Iran a-t-il atteint la dissuasion du faible au fort sans l’arme nucléaire ?”

Docteur, je ne cesse de me demander ce que vous faites derrière un blog. Ce qui est une supposition non étayée puisque je ne vous vois ni ne vous connais.
Je vous verrais assez bien derrière un bureau épousseté et rutilant en train de conseiller qui vous auriez choisi.
Moins drôle que sous les palmiers?
Moins libre surtout.
Sans doute plus dangereux.
Je me prends néanmoins à espérer que vous ne faites pas le bonheur de vos seuls lecteurs. Et lectrices, bien entendu.

Je pensais avoir été démasqué, depuis le temps !

Durant mon temps libre, je suis bien sûr un agent triple et demi au service de la Sainte Russie et de Pékin. Ensuite, je partage ma vie professionnelle entre l’écoute et le traitement des malades, sans oublier mes activités divinatoires, largement inspirées par les sorciers africains, entouré de mes colifichets magiques.

En un mot : je tente de faire le bien. C’est du boulot ! 😉

Bref, le bon vieux dicton d’avoir la paix en préparant la guerre est toujours d’actualité. Faut juste faire un bon mix dans les armes en restant à jour des dernières tendances…

Hélas, rien ne change. La presse anglaise (Sunday Times), reprise aux Etats-Unis, publie des pseudos “rapports” compilés par des officines…

Selon eux la répression des émeutes en Iran aurait provoqué la mort de 16 500 personnes (!) et blessé 300 000 autres (!!). Cette presse ose même reproduire le mot de…”génocide“.

Après les bébés dans les couveuses ou dans le four (thermostat 4 sans préchauffage, liste non exhaustive) voici donc le “génocide” des manifestants.

Logique. Normal.

La vérité n’a plus aucune importance. Elle est remplacée par la répétition de mots-clés et de chiffres délirants (300 000 blessés ? Seulement ? Pourquoi pas 3 millions ?)

https://www.foxnews.com/world/iran-accused-killing-16500-sweeping-genocide-crackdown-report

ce qui m’amuse le plus avec nos chers médias en ce moment, c’est qu’aucun d’eux (très probablement) n’est sur place, qu’ils nous rabâchent que le “régime” (copyright réservé aux méchants) a coupé internet, mais au final, ils savent à la virgule près combien il y a de morts ! Grotesque…

Est il permis de supposer que les Israéliens, loin d’être bêtes, travaillent probablement d’arrache-pied à renforcer leur bouclier contre les drones iraniens ou autres ?

C’est même une certitude. D’abord refaire le stock de projectiles. Ensuite multiplier le nombre de batteries. Et enfin de la R&D pour améliorer les performances de l’ensemble (radar, identification des leurres, intelligence artificielle, brouillage électronique, etc.).

Il n’en reste pas moins qu’intercepter un missile balistique qui vous tombe à la verticale sur la gueule à une vitesse stupéfiante n’est pas une mince affaire. Et si il y en 30 en même temps ? Si on ajoute les dernières technos russes (par exemple, les missiles balistiques qui modifient au dernier moment leur trajectoire pour tromper les défenses)… ça laisse rêveur.

Et le terrain n’est pas en faveur d’Israël (trop petit).

Ajoutons que l’Iran, contrairement à ce qu’on veut absolument croire, n’est pas seul.

L’Iran a semble t-il été capable de brouiller les télécommunications Starlink (système récent utilisé par des agents étrangers sur place pour se coordonner). Ont-ils développé eux-mêmes ce système ?

Une assistance technologique (chinoise ou russe) n’est pas exclue.

Elle serait même logique tant l’Iran tient une position stratégique. Et les enjeux dépassent LARGEMENT les obsessions territoriales ou sécuritaires ou religieuses d’Israël.

Nous refaisons la même erreur qu’avec la Russie en Ukraine. Notre petit cerveau voit tout en noir et blanc, en version ring avec 2 boxeurs. Non. Il y a des équipes derrière.

Je répète depuis le début que la Chine ne peut pas laisser tomber la Russie face à l’offensive occidentale. C’est une impossibilité géopolitique de base, évidente même pour un collégien autiste. Pékin ne joue pas la comédie. Son alliance avec Moscou est en acier trempé.

Cette alliance n’est pas idéologique mais EXISTENTIELLE (ça change tout) !

Jamais le régime nord coréen (faux nez chinois) ne tombera… tant que les Etats-Unis maintiendront des dizaines de milliers de soldats au sud. Jamais Pékin n’acceptera que la Russie soit démantelée par les Etats-Unis, ou “occidentalisée”, exposant sa frontière nord-est.

L’Iran c’est la même dynamique.

Le mot “jamais” est bien sûr une sorte de contresens en géopolitique, mais vous comprenez mon propos. Il existe des constantes indépassables (à l’échelle de la vie d’un homme).

Bonjour Docteur, je trouve ce papier tout à fait pertinent et très probablement juste. Et en ce qui concerne votre second post scriptum, il traduit tout à fait ma pensée : il y a longtemps que l’occident ne peut plus se réclamer du camp du bien : les pays qui le composent sont le plus souvent (pour ne pas dire systématiquement) à l’origine des différents conflits aui ont éclaté sur la planète depuis 80 ans… Pas de supériorité morale, juste un appétit débordant pour une domination sans partage dont l’occident n’a plus les moyens. Ironie de l’histoire, cette perte de moyens, cette incapacité, elle l’a elle même créée par appât du gain : c’est la fable de la poule aux oeufs d’or à l’échelle du monde…

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