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Vrac

“Je m’appelle Karen…”

Je conduis ma voiture hybride avec les fenêtres fermées, mon flacon de gel hydro-coco-lique de chez Guerplain sur le siège avant, je suis bobo-neuneu, j’ai voté PS, puis les Verts puis Macron puis re Les Verts (ou roses je ne sais plus), mais surtout je mets mon masque quand je conduis, car en regardant BFM TV j’ai compris que je devais être terrifiée. Je suis conne comme une enclume.

Karen est jeune. Donc pas une cible pour le virus.

Grâce à une alimentation équilibrée elle a évité l’affreux cholestérol, l’odieux diabète.

Karen est strictement blanche. Elle pratique le yoga zen, ainsi que le sport en chambre avec son compagnon Kevin. Sans excès. Cachez votre déception… Karen n’est même pas bisexuelle ! Mais elle est #MeToo.

Enfin Karen n’a pas -encore- développé son petit cancer du sein. Bref, physiologiquement, elle pète le feu.

Elle est seule dans sa voiture. Les fenêtres sont fermées.

Son risque couillonaviral est donc égal à… zéro.

Et pourtant, elle porte son masque au volant.

Karen n’est pas une abstraction -hélas. On en voit à Paris et ailleurs.

Si physiquement Karen coche toutes les cases Insee de l’espérance de vie longue comme le membre de Kevin (faudra quand même surveiller le cancer qui se prépare) c’est bien entendu dans sa tête que ça cloche… Karen est atteinte de Covidémence.

Karen est malade.

Sous ses mèches de cheveux, c’est la “tempête de cytokines” permanente.