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Pognon Saloperie et sida mental

Epstein : la chambre de compensation

Le couteau-suisse ou le gel lubrifiant, c’est vous qui voyez pour la métaphore.

Oublions un instant l’angle sexuel sordide du scandale Epstein. Concentrons-nous sur le business.

Qu’avons-nous en point d’entrée ?

  • Mortimer Zuckerman (magnat de l’immobilier)
  • Ariane de Rothschild (héritière)

Ils sont clients d’Epstein qui leur vend des “conseils successoraux” (et autres “analyses de risques“). 45 millions de dollars au total versés en honoraires ! Cela défie les règles du domaine surtout pour un homme seul !

Et en sortie ?

  • Jack Lang et sa fille Caroline bénéficient d’un “investissement” d’Epstein dans une société offshore. Epstein apporte 20 millions de dollars et la fine équipe “partage 50-50” les profits (sans oublier le leg de 5 millions de dollars au bénéfice de Caroline Lang)

(je prends ces exemples comme des illustration car ils ont été dévoilés récemment, les liens évoqués sont bien entendu hypothétiques)

Ces deux points pris séparemment n’ont aucun sens.

  • Pourquoi les “clients” surpaieraient les services d’Epstein caché plus souvent sur sa table de massage que derrière son écran Bloomberg ?
  • Et pourquoi les “bénéficiaires” recevraient de l’argent gratuit de la part d’Epstein ?

La teneur et le nombre des messages échangés entre Epstein et Ariane de Rothschild invalident l’idée d’un quelconque chantage.

Et mettons de côté la corruption directe (on voit mal ce qu’Epstein pourrait obtenir de Lang en 2016 pour 20 millions de dollars).

Que reste-t-il alors ?

Un circuit.

Une sorte de chambre de compensation.

Imaginons : A. de Rothschild achète les “faveurs” de Jack Lang (peu importe leur nature)… Il lui est impossible de verser directement le prix à Lang. Ce serait trop voyant.

Alors Epstein s’insère dans ce qui devient un dispositif. Il est le tiers de confiance. Il permet de “dissocier” les liens de business gris, en les effaçant derrière plusieurs liaisons bipartites légitimes et cloisonnées.

Il est une sorte de notaire (je sais, c’est gonflé !)

Il est aussi l’homme du “déni plausible”.

  • L’héritière peut dire : “les questions successorales sont très complexes dans ma famille, l’expertise d’Epstein m’a été précieuse
  • Le vieux bouc peut affirmer : “Epstein aime l’art, j’ai donc fait des affaires avec lui dans l’art

Epstein est le couteau-suisse du business. Son gel lubrifiant.

Et cette logique s’applique aussi au sexe, par la bande si vous me pardonnez l’expression.

Lors de son dernier séjour à New-York, le prince Andrew a passé 9 jours dans la townhouse d’Epstein. Un ballet de filles (plusieurs par jour) et des liasses de 5 000 dollars en cash…

Epstein payait les tapins du dégénéré anglais (pas seulement à New York, à Londres aussi, etc.)

Pourquoi ?

Par amitié ? Par voyeurisme ? Pour le faire chanter ensuite ? Bien sûr que non. Andrew revenait toujours. Il aimait bien Epstein.

Il s’agissait uniquement d’établir des liens avec des individus qui renverraient l’ascenceur via des affaires ou de nouveaux contacts.

Etre le copain de partouze d’un membre de la famille royale britannique permet forcément de rencontrer d’autres personnes bien placées. Le prince introduisait Epstein dans de nouveaux cercles.

Recevoir à sa table tout le gratin (Mick jagger, Bill Gates, Jeff Bezos, Sergey Brin, Elon Musk, Woody Alen, Noam Chomsky, etc.) permettait aussi de rencontrer d’autres membres de l’élite mondialisée.

Idem pour l’île de la tentation, le jet privé mis à disposition, l’appartement de l’avenue Foch, la maison à Palm Beach, le ranch au Nouveau Mexique, etc.

Chaque nouveau contact, chaque nouvelle interaction pouvait devenir une opportunité d’activer la chambre de compensation.

Aujourd’hui, on veut y voir absolument un gigantesque honeytrap (monté par des services de renseignement), voire un réseau pédophile.

Et si c’était secondaire ?

Le coeur semble plutôt ce principe d’huile dans le business gris. Le pognon, et donc le pouvoir, au-dessus du commun des mortels et de leurs lois.

Voilà l’essence d’Epstein sous la forme d’un théorème :

  • Je rends service à A.
  • Je rends service à B.
  • Alors A et B peuvent passer par moi pour se rendre des services entre-eux.

Au fil du temps, et parmi tous les A et les B, des services de renseignement se sont sans doute inscrustés.

Le système est devenu trop gros et Epstein a dérapé avec sa propre consommation (les filles, même mineures, les viols) tel un dealer abusant de sa propre drogue.

Et des personnalités trop importantes se sont retrouvées à poil -au sens propre parfois- dans la chambre de compensation d’Epstein.

Il est devenu un passif, un risque trop important.

Il a donc été “suicidé” en prison le 10 août 2019.

L’élite mondialisée a besoin de gel lubrifiant. Pas uniquement pour le sexe. Mais aussi pour le business.
POST-SCRIPTUM

Soit Peter Mandelson. Membre influent du Labour britannique. Copain de Blair. Membre de plusieurs cabinets ministériels. Commissaire européen. Ambassadeur aux Etats-Unis en 2025 (avant d’être viré).

Bref : une synthèse globalo neuneu. La cible parfaite.

Cherry sur le cake : il est homo et il déteste Trump (on peut mesurer la stupidité britannique consistant à nommer ce type à Washington, trois semaines après l’investiture de Trump).

En 2023, il épouse… un homme, Reinaldo Avila da Silva qui est son boyfriend brésilien depuis le milieu des années 90 (20 ans de différence d’âge entre les deux tourteraux).

Les messages révèlent la dynamique de sa relation avec Epstein.

En 2009, Mandelson -qui est un lord- lui demande… d’envoyer du cash à son petit copain !

Pourquoi ?

« Je viens de réussir à parler au bureau des frais de scolarité de l’école d’ostéopathie et j’ai pu confirmer que mes frais annuels s’élèvent à 3 225 £ », écrit le Brésilien à Epstein (source)

Epstein règle instantanément ces quelques milliers d’euros.

Le lendemain, le gay en mode samba décidément fort glouton remet le couvert : il réclame 10 000 GBP !

Epstein paye une fois de plus rubis sur l’ongle.

Mandelson -riche à millions- ne pouvait pas payer des frais universitaires et autres “dépenses de fonctionnement” de son toyboy brésilien ?

C’est une farce.

Détail sublime : Mandelson demande même à Epstein de rappeler à son mignon qu’il doit déclarer ces sommes comme des prêts afin d’éviter une déclaration fiscale (en tant que cadeaux) ! 😉

Mais ce n’est pas fini. En avril 2010, Epstein ordonne à son comptable d’envoyer 13 000 dollars au mignon… Puis un peu plus tard, nouvelle instruction : 2 000 dollars par mois.

Inutile d’invoquer l’homosexualité comme une sorte de paravent de la honte… L’appartenance à la jaquette de Mandelson était connue de tous en 2009.

Bref. Epstein payait non pas par charité, ni par amitié, ni par amour, mais probablement en rémunération indirecte de services que Mandelson -corrompu- rendait à certaines tierces parties.

La chambre de compensation.

Mandelson vient d’être viré du parti et démissionné de la chambre des lords. Il a une enquête criminelle aux fesses (corruption, conflits d’intérêt, fourniture d’informations confidentielles). Il est cuit.

 

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Pognon

Dollar et point faible stratégique : Poutine expliquait tout il y a 2 ans

“Nous n’avons aucun mérite. C’est vraiment trop facile”.

Notre capacité à projeter sur autrui notre propre bêtise est sans limite. Souvent à raison. Parfois à tort.

Je ne vais pas revenir sur les explications techniques au sujet de l’or, du dollar américain… Les gens sérieux savent tout cela.

Non, aujourd’hui, je veux simplement vous démontrer que nos ennemis maîtrisent ces mécanismes.

Ils savent. Tout.

Je veux bien sûr parler de Vladimir Poutine, dit Vlad’ l’Empaleur. Super méchant. Et en plus, il a 15 cancers, 2 Parkison et 1 Alzheimer très carabiné.

Et de Xi Jinping, le méchant dictateur chinois fourbe au col Mao et qui bouffe du riz.

Comment je vais vous le démontrer ?

Grâce à une seule interview donnée par Poutine à Tucker Carlson (journaliste américain) en février 2024.

La source officielle est là (vidéo de 2 heures) : https://www.youtube.com/watch?v=hYfByTcY49k

Et la transcription officielle en anglais (réalisée par le Kremlin, s’il vous plaît) ici : http://en.kremlin.ru/events/president/news/73411

Voici la traduction française (merci DeepL) du passage intéressant. Faites l’effort de tout lire, c’est primordial.

Vous savez, utiliser le dollar comme un outil de lutte en matière de politique étrangère est l’une des plus grandes erreurs stratégiques commises par les dirigeants politiques américains. Le dollar est la pierre angulaire de la puissance des États-Unis. Je pense que tout le monde comprend très bien que, quel que soit le nombre de dollars imprimés, ils sont rapidement dispersés dans le monde entier. L’inflation aux États-Unis est minime. Elle est d’environ 3 ou 3,4 %, ce qui est, je pense, tout à fait acceptable pour les États-Unis. Mais ils ne cessent d’imprimer des billets. Que nous apprend la dette de 33 000 milliards de dollars ? Elle concerne l’émission.

 

Néanmoins, c’est la principale arme utilisée par les États-Unis pour préserver leur puissance à travers le monde. Dès que les dirigeants politiques ont décidé d’utiliser le dollar américain comme un outil de lutte politique, un coup a été porté à cette puissance américaine. Je ne voudrais pas utiliser de langage fort, mais c’est une chose stupide à faire, et une grave erreur.

 

Regardez ce qui se passe dans le monde. Même les alliés des États-Unis réduisent désormais leurs réserves en dollars. Face à cela, tout le monde commence à chercher des moyens de se protéger. Mais le fait que les États-Unis appliquent des mesures restrictives à certains pays, telles que des restrictions sur les transactions, le gel des avoirs, etc., suscite de vives inquiétudes et envoie un signal au monde entier.

[…] Ce n’est pas nous qui avons interdit l’utilisation du dollar américain, nous n’avions pas cette intention. Ce sont les États-Unis qui ont décidé de restreindre nos transactions en dollars américains. Je pense que c’est une pure folie du point de vue des intérêts des États-Unis eux-mêmes et de leurs contribuables, car cela nuit à l’économie américaine et sape la puissance des États-Unis à travers le monde.

[…]

Pourquoi les États-Unis ont-ils fait cela ? Ma seule hypothèse est l’assurance. Ils pensaient probablement que cela conduirait à un effondrement total, mais rien ne s’est effondré. De plus, d’autres pays, y compris les producteurs de pétrole, envisagent et acceptent déjà des paiements en yuans pour le pétrole. Vous rendez-vous compte de ce qui se passe ou non ? Quelqu’un aux États-Unis s’en rend-il compte ? Que faites-vous ? Vous vous isolez… tous les experts le disent. Demandez à n’importe quelle personne intelligente et réfléchie aux États-Unis ce que le dollar signifie pour les États-Unis.

Vous êtes en train de le tuer de vos propres mains.

Voilà.

Le dirigeant russe a tout compris. Le dirigeant chinois a tout compris.

C’est clair désormais ?

Maintenant, mettez-vous à leur place.

Les Etats-Unis sont très agressifs et leur cherchent des noises en permanence (y compris de manière violente avec la guerre en Ukraine, un massacre que les Russes n’oublieront jamais, mais c’est un autre sujet).

Que vont donc faire Moscou et Pékin ?

Appuyer là où ça fait mal… Appuyer sur la “la grande erreur stratégique, la chose stupide, la grave erreur, la pure folie” (verbatim Poutine) commise par les Américains afin de les neutraliser. Une bonne fois pour toute.

D’où le dollar. D’où l’or (et l’argent métal aussi).

Vous voyez ? Tout se tient.

Il n’y a aucun délire, aucune chance, aucune erreur, aucun accident dans tout le bordel que nous connaissons en ce moment.

Mais la simple application logique de principes évidents par des dirigeants très intelligents… et qui en ont plein le dos des pathologies occidentales.

C’est une guerre hybride, une guerre monétaire que les Etats-Unis -fondamentalement- ont déjà perdue.

Arrêtons de prendre les Russes et les Chinois pour des imbéciles. Car en parfaits judoka (Poutine) et adepte de Sun Tzu (Jinping) ils retournent notre propre stupidité contre nous.

Reformulons : vous voulez tuer les Etats-Unis ? Il vous suffit de tuer le dollar.

Et ça tombe bien, l’Amérique le fait très bien toute seule… Il suffit simplement de la pousser un peu plus.

Vous croyez que la Russie et la Chine ne vont pas en profiter ? Qu’ils vont sauver le dollar américain et donc sauver la puissance américaine ? Pour vous faire plaisir ? Pour votre petit confort ? Pour sauver vos retraites ?

Comme le dit Trump : “merci de votre attention à ce sujet“. 😉

“T’es un pays et t’as pas d’or ? Non mais allô quoi !” Nabilla, célèbre géopoliticienne et coiffeuse .
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Or : l’arme fatale chinoise contre le dollar américain

Suprême ironie. Bon d’accord il faut faire un effort d’imagination. Sean Connery est chinois et la femme tuée par l’or, est l’Amérique. Vous suivez ? C’est Goldfinger ou plutôt Golddimsum !

Je vais vous dévoiler le plan machiavélique et d’une simplicité déconcertante de la Chine pour détruire l’hégémonie des Etats-Unis.

Rien de moins.

D’abord la mise en bouche avec le graphique (prix d’une once d’or en USD).

En 1971, Richard Nixon casse le lien or-dollar (la convertibilité). Forte hausse du prix pendant l’inflation qui suit (fin des années 70)…

Puis l’or disparaît. Pendant 20 ans.

En réalité, on le fait disparaître. L’Occident le matraque (avec de l’or papier, permettant de shorter). L’or n’a jamais cessé de gêner les faux monnayeurs… C’est l’époque de la “relique barbare“. On se moque de ce truc de grand-mère. Le monde occidental se financiarise à grande vitesse. Vous êtes in ou out.

Mais d’autres secousses arrivent. 2008. La crise financière mène à une impression frénétique de pognon (en Europe, crises des dettes et le fameux “whatever it takes” de la BCE). L’or grimpe en mode maillot jaune. Forcément.

Tout s’emballe après le Covid (“quoi qu’il en coûte“), une fois le cap des 2 000 dollars par once franchi. Il s’agit d’une réaction épidermique de l’or face au viol des monnaies.

Aujourd’hui, son cours a explosé la barre des 4 800 , 4 900 dollars (à ce rythme, on sera à 5 000 demain ou lundi).

Avant, j’étais comme vous. Si, si. Un long nez, un cul blanc naïf persuadé d’appartenir au camp du Bien, du Beau et du Bon (pour la Brute, mieux vaut ne pas remuer le couteau dans la plaie…)

Le métal précieux servait pour les alliances et autres parures. On voyait certes une forme de fièvre étonnante pour les lingots d’or dans quelques films de gangsters. Rien de plus.

Ma vie en Asie a changé ma perspective. J’ai enfin compris que l’or était l’argent, si vous me pardonnez ce raccourci.

En Thaïlande, il existe des milliers de magasins spécialisés. Et ça achète, ça vend, en permanence. Une frénésie. Aucune taxe (le gouvernement n’oserait pas !) L’or métal fait office de “compte en banque”. La mystique est bien réelle, vivace, éternelle.

Zoom arrière : l’écrasante majorité de l’humanité SAIT que l’or est spécial (depuis des millénaires).

Faites l’addition ! Chine, Inde, Asie du Sud-Est, Moyen-Orient, Afrique, Amérique du sud…

Zoom avant : seuls quelques centaines de millions d’Occidentaux -vous- ont été décervelés et intoxiqués (en quelques décennies).

Ces milliards d’individus n’ont pas fait d’études, n’ont pas lu Ludwig von Mises et pourtant ils SAVENT dans leur chair.

“Il n’y a aucun moyen d’éviter l’effondrement final d’un boom provoqué par une expansion du crédit. L’alternative est de savoir si la crise doit arriver plus tôt, par l’abandon volontaire d’une expansion supplémentaire du crédit, ou plus tardivement, comme une catastrophe finale et totale du système monétaire affecté”. (L’action humaine, 1940)

Qui va gagner d’après vous ? Qui ? Poursuivez votre lecture… 😉

J’ai complété mon expérience de vie par l’étude de l’histoire récente de la région indochinoise. Après la chute de Saïgon en 1975, seul l’or pouvait acheter un passage  maritime (dangereux) pour fuir le régime communiste (les boat people). Toujours au Vietnam, la monnaie locale (le Dong) fut plusieurs fois violée par le gouvernement (dévaluation/spoliation)… Seul l’or demeure. Imperturbable. Immuable. La banque centrale a longtemps monopolisé le marché du métal puis a institué des quotas d’importation (la demande étant trop forte, le prix de l’or est ainsi toujours un peu plus élevé au Vietnam).

Mais alors quel est le rapport avec la choucroute chinoise ?

Mettez-vous dans la tête des dirigeants de l’empire du Milieu, de Deng Xiaoping jusqu’à Xi Jinping.

Un continuum. Une pensée longue qui s’appuie sur une longue tradition.

Dès 1989 (chute du mur de Berlin et les incidents de Tiananmen) le PCC comprend que les Etats-Unis sont l’ennemi et que le conflit est inévitable.

Mais la Chine sait qu’elle n’est pas encore prête. On ne peut pas battre l’Oncle Sam quand on bouffe du riz et qu’on se déplace en bicyclette. Il faut d’abord se développer.

C’est la phase 1 : “enrichissez-vous” (le slogan lancé par Deng Xiaoping, mettant fin aux délires autodestructeurs de la période maoïste).

Phase 2 : se développer tout en commençant à affaiblir l’ennemi. L’industrie occidentale est ainsi ravagée, consciencieusement, scientifiquement, à partir des années 2000 (entrée de la Chine dans l’OMC, ultime traîtrise de Bill Clinton et de ses amis affairistes de Wall Street).

A l’intérieur, et grâce au pognon des exportations, la Chine se couvre d’infrastructures (routes, lignes de TGV, aéroports, ponts, centrales thermiques, centrales nucléaires, etc.). Le développement engendre le développement. Osons le dire froidement : le chômeur européen et américain enrichit l’ouvrier chinois. Et l’état chinois.

Cette “pensée double” ou “action double” est toujours au coeur de la psyché chinoise. Traduction évidente de la philosophie du Yin et du Yang.

Phase 3 : en parallèle du développement économique, il faut une armée pour tenir en respect l’ennemi. Là aussi, les progrès sont fulgurants. Les vagues d’assaut viandardes (comme en Corée du Nord fin 1950), c’est fini. Armes nucléaires stratégiques, marine de haute-mer, missiles longue portée, aviation… La PLA se modernise. Le territoire est sanctuarisé. La dissuasion nucléaire solidement affirmée.

Phase 4 : le découplage. Etre trop lié économiquement à son principal ennemi le protège quelque part (si vous lui faites du mal, vous vous en faites aussi)… Cela commence lors du premier terme de Trump. Aujourd’hui , les exportations vers le Nouveau Monde ne pèsent plus que 11 % du total chinois. Trump n’a pas compris que Pékin s’était préparé. Voilà pourquoi son offensive d’avril 2025 avec les taxes douanières a remarquablement foiré.

Phase 5 : la Chine a toujours su qu’il serait aberrant de déclencher une guerre cinétique contre les Etats-Unis, entraînant un massacre généralisé. Aucun intérêt. Imbécile. Il est préférable d’affaiblir les Etats-Unis. Dans tous les sens, y compris en interne. Cela permet de neutraliser la menace américaine, d’atténuer son pouvoir de nuisance.

On trouve ici la litanie des manipulations et autres actions de déstabilisation : liens avec le parti Démocrate, les organisations d’extrême-gauche, le “racisme”, le délire du CO2, les voitures électriques, le LGBTisme, l’invasion migratoire, les drogues dures, la corruption, etc.

Tout ce qui divise et affaiblit l’Oncle Sam est actionné, mis en oeuvre, poussé, appuyé, factorisé.

Nous arrivons enfin à la dernière phase : la bataille monétaire. Celle qui clôturera la guerre et consacrera la victoire chinoise totale.

Les Etats-Unis jouissent du privilège impérial. Son véhicule ? Son bâton de maréchal ? Le dollar américain, leur monnaie. Une arme également, très puissante.

En gros : les esclaves du monde entier fabriquent et fournissent des produits, les Américains les “payent” avec des bouts de papier imprimés. Le confort. La facilité. Et au final, la démesure.

Inévitablement, les dettes, démentielles, s’accumulent. Ecce homo.

C’est d’une banalité affligeante quasi biologique, ancrée dans ce que nous sommes (les empereurs romains il y a 2 000 ans violaient -déjà- leur monnaie, en réduisant la quantité de métal dans les pièces).

Les Américains ont donc abusé de cette arme au fil des décennies… L’arme s’est ainsi muée en boulet, en point extrêmement faible.

La clé de voûte qui menace de lâcher, entraînant la destruction de tout l’édifice.

L’or a la particularité de dévoiler le viol des monnaies fiat.

Le prix de l’or ne monte pas, intrinsèquement. Ce sont les prix de l’or exprimés en monnaies violées qui montent.

En introduction, je parlais de l’or papier (utilisé pour faire baisser artificiellement le prix de l’or, pour atténuer son rôle de révélateur).

On estime le ratio (once papier/once de métal) à 100, 250, voire même 500. Grosse erreur de l’Occident. Si les acteurs réclament de plus en plus la livraison physique, le système sautera. Augmentant encore les prix.

Après le Covid, des banques centrales ont acheté du métal (Turquie, etc.). Certaines continuent à ce jour (Pologne par exemple). Cet or n’est pas spéculatif. Il est retiré de la circulation, placé dans des coffres.

Côté offre ? Comme par hasard, la Chine est le premier producteur mondial (avec la Russie). Plus de 600 tonnes par an… Cet or ne sort pas. Il est thésaurisé.

Il faut noter que le PCC a encouragé ses citoyens à acheter le métal précieux (facilités, campagnes de publicité, messages institutionnels, à partir de 2008). A ma connaissance, c’est le seul pays au monde à faire cela.

Le plan est donc aussi simple que machiavélique. Et son succès est GARANTI. Il s’inscrit dans une inéluctabilité historique.

-achat massif or métal, officiellement et officieusement (la Chine amasse aussi clandestinement de l’or, via ses mafias à l’étranger, c’est une certitude. Ses réserves officielles sont systématiquement sous-estimées)

-le cours en dollars américains (la monnaie de référence) monte

-d’autres acteurs comprennent le schéma (des banques centrales entre autres). Et achètent à leur tour. Le prix continue de monter.

-à un moment, le prix est tellement élevé que la réalité apparaît, ignoble et solaire à la fois : le dollar c’est du papier-toilette et les Etats-Unis sont des WC.

Liquidation des dettes existantes (les bons de du Trésor US). On dit : la Chine en possède encore 700 milliards donc elle perdrait tout, donc elle ne le fera pas. Raisonnement idiot. Car de telles pertes sont largement couvertes/compensées par ses réserves d’or ! Dans le même temps, chaque année, Washington émet des centaines de milliards de dettes supplémentaires pour couvrir son déficit budgétaire (la France fait la même chose depuis un demi siècle).

Il devient de de plus en plus difficile de placer ces nouvelles émissions (qui serait assez fou pour acheter du papier toilette ?) En réalité, là encore, cela pousse les Etats-Unis à la faute : ils vont inévitablement acheter eux-mêmes leurs nouvelles dettes (programmes du type QE, etc.) La machine à imprimer s’emballe, renforçant la hausse, renforçant le cycle infernal.

-passé ce stade, c’est le décrochage. Plus personne n’accepte des dollars pour le commerce international. La puissance impériale s’effondre. Des troubles éclatent (guerre civile). L’Amérique s’appauvrit brutalement. Renforçant le côté papier-toilette du dollar. On entend le bruit du siphon. On tire la chasse. L’Histoire referme le chapitre de la domination étatsunienne.

-la Chine reprend alors le flambeau. Par comparaison, c’est un havre de paix, de stabilité et de prosperité. Et elle est assise (avec ses partenaires des Brics comme la Russie) sur des MONTAGNES d’or. La monnaie chinoise s’adosse sur ces réserves de métal précieux. Elle devient convertible ET désirable.

-Game over : victoire de la Chine par K-O monétaire. Sans jamais avoir tiré un seul coup de feu (directement du moins).

“A votre santé les gars. Non inutile de me féliciter… c’était VRAIMENT trop facile”
POST-SCRIPTUM

Je ne suis pas dans le cerveau des dirigeants du PCC (même si je suis un de leurs agents, bien sûr). 😉

Pourquoi ce plan est une certitude ? Parce qu’il est… certain et simple.

Désolé pour la tautologie, mais elle est nécessaire.

Voici quelques axiomes qui encadrent et complètent ma démonstration :

-la Chine veut reprendre SA PLACE dans le monde : celle du centre. Elle ne renoncera jamais.

-les Etats-Unis sont extrêmement agressifs. Jamais ils n’accepteront de partager la puissance ou de laisser la Chine devenir numéro 1

-la guerre sino-américain est donc inévitable (on l’exprime aussi via le Piège de Thucydide)

-dès la fin des années 90, contre les Etats-Unis, la Chine théorise la guerre hors limite (je préfère ” 360 ° “)

-briser le dollar est le moyen le plus rapide, le moins coûteux, le plus facile d’affaiblir suffisamment les Etats-Unis (pas de les détruire, mais de les mettre hors jeu)

-les dirigeants chinois sont supérieurement intelligents, pragmatiques absolument pas “idéologiques”, contresens que l’on commet toujours à cause de Mao et de l’étiquette du PCC. De plus ils savent travailler sur le temps long (des décennies)