
Oui, je sais, ça casse l’ambiance. Mes groupies “guerre” vont me jeter des peaux de banane. Nous sommes en pleine 666ème guerre mondiale, le monde saute à cloche-pied près du précipice, le détroit d’Ormuz est quantique (ouvert et fermé en même temps)… et il faudrait se pencher sur le déficit budgétaire américain ?
Scandale. Outrage.
Et pourtant… c’est lié. Un peu ? Beaucoup ? Passionnément ?
D’abord les données. L’année fiscale commence le 1er octobre. Nous avons donc les chiffres sur 6 mois.
Le déficit budgétaire atteint 1 169 milliards, soit une baisse de 11 % (-138 milliards) par rapport au premier semestre de l’année précédente.
Youpi ?
Non, car c’est le 3ème déficit semestriel le pire de l’histoire du pays.
Non, car les taxes douanières trumpiennes ont fortement augmenté… mais on a vu à quel point elles étaient fragiles (la Cour Suprême les a retoquées).
En outre, par d’habiles jeux d’écritures, les coûts insensés de la guerre contre l’Iran n’apparaissent pas -encore- sur le mois de mars.
Et par dessus le marché, Trump vient de demander au Congrès un quasi doublement des dépenses militaires.
Bref : le déficit s’alourdira durant le second semestre. Et le -11 % sur la première moitié pourrait se transmuter en +11 d’ici septembre prochain !
Enfin, il faut parler des intérêts versés sur la dette publique (début mars = 38 500 milliards de dollars).
Le total dépassera les 1 300 milliards fin septembre ! C’est bien plus que l’actuel budget militaire (850 milliards).
Cela représentera 23 % du total des recettes fiscales annuelles (5 600 milliards).
Sur le 1er semestre, ils sont en hausse de 7% par rapport à l’année précédente (même période).

La mécanique est implacable : chaque année, le déficit budgétaire vient s’ajouter à la dette publique.. comme en France où nous avons un déficit chaque exercice depuis les années 70…
Il paraît impossible de séparer les sujets (le dollar, le pétrodollar, la dette américaine, la guerre contre l’Iran).
Derrière les idéologies, les colères, les folies du moment (“Gog Magog”)… il y a toujours le “pognon“.
L’Empire de l’Ouest s’affaiblit, sous son propre poids (dettes, système financier virtualisé et hors proportions)… il est attaqué par des concurrents (l’Empire du Milieu) qui veulent lui piquer sa place.
Alors il se défend, plus ou moins bien.
L’un des symptômes physiques de ce Grand Jeu pratiqué par l’humanité depuis toujours est bien entendu la guerre. La violence physique.
Bref : rien de neuf sous le soleil.
Ecce homo.


